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Grèce, Allemagne 2017, 1h45

Fiche technique :

Réalisation : Argyris Papadimitropoulos - co-scénariste Makis Papadimitriou (Kostis), Elli Tringou (Anna), Dimi Hart (Jason), Yannis Tsortekis (Takis) Syllas Tzoumerkas ; image : Christos Karamanis ; montage : Napoleon Stratogiannakis ; musique de Yannis Veslemes ; distribution France : ASC Distribution.

Avec :

Makis Papadimitriou (Kostis), Elli Tringou (Anna), Dimi Hart (Jason), Yannis Tsortekis (Takis)

Biographie :

Argyris Papadimitropoulos né en 1976 à Athènes, producteur et réalisateur, a réalisé antérieurement  Bank Bang (2008, meilleure première réalisation au Hellenic Film Award 2010) et Wasted Youth (2011).

 

Résumé :

Kostis, la quarantaine, débarque à Antiparos dont le maire l'a engagé pour être le docteur de la petite île. Hiver terne et ennui. Mais avec l'été arrive la multitude frénétique des touristes 'sand, sex and sun'. Kostis au contact d'un groupe de jeunes à l'hédonisme désinhibé s'éprend d'une jolie jeune femme qui ne lui refuse rien, et dont il se croit l'élu. Cela ne finira pas bien.

Analyse :

Bank Bang n'était qu'une comédie où il fallait que deux frères, apprentis braqueurs, allant de maladresses en malchances traversent tous les malheurs. Wasted Youth mettait déjà en scène la confrontation entre un homme mûr déçu par la vie et une jeunesse insouciante et irresponsable. Suntan reprend ce thème en trois temps : limbes, paradis, enfer. Après la grisaille des débuts, l'éblouissement heureux de Kostis chaleureusement accueilli (c'est lui qui offre la bière) par un groupe de beaux jeunes gens est le signe d'une rupture inespérée avec la vie qu'il avait connue jusqu'alors - nous n'en connaîtrons rien, mais il en est le reflet. Puis la barrière du désintérêt se dresse entre lui et les jeunes - barrière unilatérale, contre laquelle il s'élance aveuglément et répétitivement comme des migrants contre une frontière ; et à mesure qu'il prend conscience du rejet et de son inéluctabilité, ses réactions paniques font penser au rat de laboratoire de Mon Oncle d'Amérique.

 

Cependant la naïveté de Kostis est mise en perspective : son contemporain Tsakis est un jouisseur qui ne pense qu'aux aubaines féminines, tandis que son camarade d'école Oreste profite en famille des plaisirs de l'été. La crise de la quarantaine qui nous est présentée est donc le fruit d'une histoire personnelle, plus qu'une fatalité générationnelle. En fin de comptes, il s'agit même surtout d'un apologue sur l'amour engendrant la folie - et nous voici renvoyés au professeur Rath de l'Ange Bleu. Mais on peut douter que cette nouvelle version rejoigne la précédente au firmament du cinéma.  

Jacques Vercueil