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Taxi Sofia (Posoki)

(Bulgarie/Allemagne/Macédoine - 2017 - 1h42)

Fiche technique :

Réalisation : Stephan Komandarev - Scénario : Simeon Ventsislavov, Stephan Komandarev – Photographie : Vesselin Hristov - Production : Argo Films - Distribution France : Rezo Films

Avec :

Vassil Vassilev-Zuek (Misho) - Ivan Barnev (Vlado) - Assen Blatechki (Zhoro) - Irini Zhambonas (Rada) - Vasil Banov (Kosta) - Troyan Gogv (Petar) - Dobrin Dosev (Andrey) - Guerassim Gueorguiev (Mitko) - Dimitar Banenekin (Manol) - Stephan Denolyubov (Nikola)’

Biographie :

Stephan Komendarev est bulgare. Né en 1966 à Sofia, il exerce tout d’abord comme pédopsychiatre pendant 4 ans avant de faire du cinéma. Il réalise son premier long métrage de fiction en 2000, Dog’s Home. Il est également l’auteur de documentaires sur la Bulgarie dont Bread Over the Fence (2002) ou Alphabet of Home (2003). Taxi Sofia (Posoki) est son troisième long métrage de fiction, sélectionné à Cannes en 2017, dans “Un certain regard”.

Résumé :

Taxi Sofia nous transporte dans la Bulgarie d’aujourd’hui, à travers de longs plans séquences dans les taxis de la ville, pour poser un diagnostic sans concession sur ce pays aux multiples maux comme la corruption, la violence, la précarité sociale…En une nuit, de courses de taxis, en histoires personnelles de chauffeurs et de clients, le puzzle de ce pays en décomposition va se construire et se déconstruire dans le bruit des moteurs et de la radio, seule musique du film.

Analyse :

Ce film sans gros moyens, ni gros budget, utilise le plan séquence et la camera Arri Alexa Mini, pour mener le spectateur dans un road movie nocturne, avec Sofia comme décor. Une ville sombre, dont les quartiers gris, ternes, éclairés par une lumière souvent blafarde, devient un personnage fantomatique, qui semble nous échapper à chaque instant.

Le pari de ce film est de dresser le portrait de la Bulgarie d’aujourd’hui, en proie à ses démons post communistes. Un pays gangrené par la corruption, un pays où “seuls restent les optimistes, les pessimistes et les réalistes ayant tous déjà fuit”, selon un personnage du film. Le réalisateur se pose en optimiste et a décidé de rester et de capturer, caméra à l’épaule, des bribes de vie, de drames, parfois d’humour, de ses compatriotes.

Un film qui fonctionne par son rythme, par le déplacement permanent des personnages dans une sorte d’errance urbaine mais aussi par l’humanité de ceux-ci ainsi que par quelques scènes, comme celle du pont, qui, avec une mise en scène minimale, nous plonge au plus profond de l’humanité avec ce qu’elle a de plus noir mais aussi d’espérance dans l’adversité.

Malgré ce tableau souvent désespéré du pays dans lequel il vit et où ses enfants grandissent, Stephan Komandarev, allume, tout au long de son film et à travers certains de ses personnages, quelques lueurs d’espoir, notamment dans la dernière scène, qui entrouvre de nombreuses interprétations.          

Eric Santoni