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The Wall

(Etats-Unis, 2017, 1h30)

Fiche technique :

Réalisation : Doug Liman - Scénario : Dwain Warrell - Photographie : Roman Vasyanov - Montage : Julia Bloch - Distribution France : Metropolitain Film Export

Avec :

Aaron Taylor-Johnson (sergent Isaac Allen), John Cena (sergent Shane), Laith Nakli (la voix du sniper irakien)

Biographie :

Doug Liman est né en 1985 à New-York où il fait des études de photographie et de cinéma. Il réalise son premier long métrage Getting in en 1994. Il se spécialise alors dans les séries et les blockbusters avant de réaliser Fair Game (Cannes 2010).

Résumé :

Irak, 2007. Deux soldats américains sont pris pour cible par un sniper irakien après être arrivés en mission dans le désert, répondant à un appel au secours de constructeurs d’un pipeline. L’un des soldats se fait tirer dessus et est grièvement blessé. Le second trouve refuge derrière un mur à moitié écroulé.

Analyse :

On pouvait avoir un certain nombre de craintes avec ce énième film

de guerre américain. Mais le réalisateur évite brillamment tous les poncifs et livre un film captivant et évite tout manichéisme pour dénoncer l’absurdité de cette guerre en Irak. Multipliant les rebondissements malins, il ne laisse aucun répit, ni aux personnages, ni aux spectateurs. Nous assistons à un huis clos en plein désert brûlant avec d’un côté Isaac, derrière son mur, et, de l’autre, la voix d’un sniper irakien qui lui parle par radio. Ce tireur embusqué, vraisemblablement réfugié dans un tas d’ordures -- et que nous ne verrons jamais-- va jouer au chat et à la souris avec le GI. Il se dit ancien professeur à Bagdad et cite les poètes américains comme Edgar Poë, pour mieux humilier son interlocuteur, beaucoup plus fruste, qui ne connaît que Shakespeare.

Alors que George Bush vient d’annoncer la fin de la guerre en Irak, l’Irakien est particulièrement pervers car son seul désir est de continuer à tuer des Américains et le fait qu’il n’est qu’une voix dans une oreillette le rend bien plus terrifiant que s’il était présent. La performance d’Aaron Taylor-Johnson est absolument époustouflante. Avec une balle dans le genou et une gourde d’eau vide, il jure et grogne avec une vérité étonnante tout en se faisant manipuler par son adversaire invisible. Huis clos en plein air oblige, les mouvements de caméra sont restreints mais on assiste quand même à d’étonnants champs contre-champs par l’intermédiaire de deux lunettes de visée. The wall est un thriller haletant, brutal et foncièrement antimilitariste.

Jean Wilkowski