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Une famille heureuse (Chemi Bednieri Ojakhi)

(Géorgie/Allemagne/France 2017, 1h59)

Fiche technique :

Réalisation : Nana Ekytimishvili - Scénario : Nana Ekvtimishvili - Image : Tudor V. Panduru - Montage : Stefan Stabinow - Distribution France : JHR films.

Avec :

Ia Shugliashvili (Manana), Merab Ninidze (Soso son mari), Berta Khapava (Lamara sa mère), Dimitri Oragvelidze (Rezo son frère)

Biographie :

Nana Ekvtimishvili, née en 1978 à Tiflis (Géorgie, ex-URSS), est cinéaste et écrivain de sexe féminin. Adolescente pendant la guerre civile, elle étudie la philosophie puis part en Allemagne (Potsdam-Babelsberg) pour ses études cinématographiques. En 1999, première publication de ses nouvelles en Géorgie. Son premier long métrage Eka et Natia, chronique d'une jeunesse géorgienne (2013), qui remportera de très nombreux prix, est déjà coréalisé avec Simon Gross.

Simon Gross, né en 1976 à Berlin (Allemagne), écrivain, réalisateur et producteur, a étudié le cinéma à Munich. Après plusieurs courts métrages, son premier long fut Fata Morgana (2007), et avec le second Eka et Natia... commença sa collaboration avec Nana Ekvtimishvili.

Résumé :

A Tiflis (Tbilissi), trois générations sous le même toit, à la géorgienne. L'enseignante Manana, après 25 ans de mariage, décide un jour d'aller vivre seule un peu plus loin. C'est l'affolement dans la fourmilière : mais elle tient bon.  

Analyse :

Outre l'intérêt d'une plongée dans une société proche de la nôtre, mais riche en traits exotiques à nos yeux, voire confortablement archaïques — un patriarcat aussi prononcé, ça n'a plus cours chez nous (?) — le cas développé, très simple, est finalement original. Manana a fait tout ce que l'on pouvait souhaiter d'elle : donner des enfants à son mari, les élever, cuisiner pour tout le monde sous les conseils de sa mère, entretenir une maison accueillante, être à l'écoute et en réconfort de chacun ; comme elle s'appliquait aussi à bien faire son métier de professeur, il ne lui restait guère le loisir de penser à elle-même. Qui va comprendre cela ? Et voilà que désormais les enfants sont prêts à entrer dans la vie, pour leur propre compte.

Le contraste entre la paix qu'elle ressent à corriger ses copies sur la petite table de son nouvel appartement, et le bruit, l'agitation et les harcèlements du bouillonnant creuset familial qu'elle vient de quitter, donne immédiatement la clef de son geste. La suite construit le tableau d'une détermination tranquille et d'une belle affirmation du droit à être soi. Mais la valeur du film est encore davantage dans le déroulé des réactions de l'entourage au comportement étonnant de la protagoniste. Le plus compliqué est d'accepter qu'il n'y a 'personne' là-derrière. L'indignation domine dans la génération de sa mère et ses oncles, l'effarement conduit son frère à des décisions stupides, tandis que les enfants, après le choc de la surprise, laissent parler leur affection. Et il y a aussi le mari...

Un joli portrait de groupe, plein de chaleur et d'affection, où les forts liens familiaux sont mis à l'épreuve par ce qui n'est, en fin de compte, que la peur du qu'en dira-t-on.

Jacques Vercueil

Jacques Vercueil