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Voyage of time : au fil de la vie

(USA- 2017 - 1h30)

Fiche technique :

Réalisation : Terrence Malick - Scénario : Terence Malick – Montage : Rehman Ali, Keith Fraase – Photo : Paul Atkins – Décors : Jack Fisk – Son : Joel Dougherty – Effets visuels : Dan Glass - Conseiller scientifique : Dr. Andrew Knoll - Distribution : Mars Film

Avec :

Cate Blanchett (narratrice)

Biographie :

Malick a réalisé peu de films, surtout dans une première partie de sa carrière : La Balade sauvage, son premier long-métrage, date de 1973 et La ligne rouge, le troisième, sort en 1998. Puis son inspiration s’est amplifiée : Le Nouveau Monde (2004), The tree of life (2011), A la merveille (2012), Knight of Cups (2015). La Nature y est souvent filmée comme un personnage.

Résumé :

Ceci n’est pas un documentaire, ni un film de fiction. Plutôt inclassable, à moins que l’on parle d’un essai ou d’un poème visuel, car Voyage of Time (titre français Au fil de la vie) est une sorte d’exploration du monde et de l’univers, grâce à des images très belles et une bande-son (texte, bruitage, musiques) riche et séduisante.

Analyse :

Pour paraphraser le titre anglais, Malick nous projette dans le temps et également dans l’espace ; ou dans l’espace-temps ? Peut être, mais le mélange de séquences montrant la Terre à l’état brut (déserts, gorges et gouffres, mer démontée, volcans en éruption, sulfatares fumantes, profondeurs marines, abysses), et aussi peuplée d’animaux sauvages et d’humains (de notre monde, ou de la Préhistoire, grâce aux effets spéciaux !), exerce l’effet étrange de nous entraîner dans une sorte d’extase ou de sortie de soi grâce à de multiples et vertigineux travellings… Les images extraordinaires des galaxies et autres pulsars nous projettent dans le Cosmos. Le montage-attraction de diverses prises de vue provenant des grands télescopes terrestres et de Hubble est remarquable. Le tout baigne dans un univers musical très lyrique, souvent grandiose (Mahler, Bach, Beethoven). Nos petits problèmes, nos agacements, nos doutes sur le sens de la vie, nous les posons à l’entrée du cinéma, pour nous laisser emporter dans un flux d’images et de sons ! Mais ce n’est pas un documentaire scientifique, ni un manifeste écologique, plutôt un hymne à la beauté du monde où nous habitons, au cas où nous n’en aurions pas ou plus conscience (mais de fait, c’est le cas, non ?). Le texte, dit en voix off, est rythmé par un mot qui revient sans cesse : Mother, Mère – et une question « « où es-tu partie « ? Nous sommes observateurs de la Création, terrible et belle à la fois. Mais il n’est pas point question du Créateur. La Nature (comme dans La ligne rouge ou Le Nouveau Monde) est là, c’est la Terre-Mère « matrice de toute chose depuis l’origine des temps (..), l’âme du monde » (Isabelle Priaulet). Enigmatique et insondable Monde.  «  Vous êtes dans le monde mais vous n’êtes pas de ce monde » (St Jean), le propos n’est pas là, le côté spirituel n’est pas vraiment abordé. En fait, le film nous laisse un peu sur notre faim. Au final pas de ligne claire mais une vision de l’humanité « au fil de la Vie ». Terence Malick, cinéaste tout-à-fait particulier, mais attachant.

Alain Le Goanvic