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Fiche technique :

Réalisation et scénario : Ounie LECOMTE - Image : Hyun Seok KIM - Montage : Hyun-joo KIM - Production : Laurent LAVOLÉ, Chang-dong LEE, Jun-dong LEE.

Avec :

Sae-ron KIM (Jinhee), Do-yeon PARK (Sookhee sa copine), Myeong-Shin PARK (Bomo la nounou), Ah-Sung KO (Ye-Shin la boiteuse)La réalisatrice Ounie LECOMTE (née à Seoul en 1966, émigrée à Paris pour adoption en 1975) signe ici son premier long métrage, après quelques expériences d’actrice et de costumière (elle a fait des études de styliste). Le scénario, d’inspiration évidemment autobiographique, a été écrit lors d’un atelier de formation à la FEMIS, qui lui a permis d’acquérir la distance grâce à laquelle « l’intime devient partageable. » La petite Jinhee, 9 ans, est emmenée par son père dans un orphelinat qui se souciera de la faire adopter. Arc-boutée sur son refus de cet abandon inexpliqué, mais aidée par l’amitié d’une gamine un peu plus grande, on la voit forger sa détermination de ne plus dépendre que d’elle-même. Après les départs d’autres fillettes enfin adoptées, vient son tour.Abandon et adoption, il pourrait y avoir là de quoi larmoyer de peine et d’attendrissement ; mais le film d’Ounie LECOMTE, elle-même née coréenne, abandonnée et adoptée, est d’une retenue et d’une pudeur exemplaires, sans rien perdre en force. Le choc de l’abandon – vrai sujet du film, l’adoption n’est qu’un épilogue – est décrit comme une trahison absolue à laquelle il n’est besoin de rien ajouter : l’orphelinat et son encadrement sont ‘impeccables’, les rapports entre enfants dépourvus des mesquineries et méchancetés que leur situations pénibles pourraient faciliter. L’évolution des sentiments et attitudes de Jinhee et des autres protagonistes est retracée avec sensibilité et intelligence (par exemple, au cours du jour de fête que lui offre son père la veille de la séparation, on voit son éblouissement radieux se teinter peu à peu d’étonnement puis d’anxiété). Le jeu des enfants, qui tiennent l’essentiel de l’écran, est remarquable de justesse et de naturel, malgré ou grâce au handicap de la langue : la réalisatrice ayant perdu la connaissance du coréen a dû faire comprendre à ses petites actrices ce qu’elle attendait d’elles « ... par des choses physiques, concrètes, mécaniques, jamais par la psychologie ». La révolte, les angoisses, les amitiés, les déchirements de Jinhee nous sont présentés de son point de vue, c’est à dire ‘à hauteur d’enfant’ – les adultes étant donc souvent cadrés au dessous de la ceinture ! Mais on n’y sent pas d’artifice.
Une vie toute neuve, présenté en projection spéciale au festival de Cannes 2009, n’est pas seulement un témoignage psychologique captivant, mais aussi sociologique : le divorce étant très mal vu alors en Corée, les ‘traces’ d’un précédent mariage étaient parfois rejetées, multipliant ce genre d’abandons, tandis que l’Etat coréen favorisait les adoptions à l’étranger (de 1953 jusqu’aux années 1990, la Corée du Sud était le pays du monde, origine du plus grand nombre d’adoptions étrangères légales). Depuis, les moeurs et la politique font disparaître ces pratiques.(Jacques Vercueil)

Une vie toute neuve (Yeo-haeng-ja)

France, République de Corée, 2010, 92min.

Réalisation : Ounie Lecomte

Biographie :

(Jinhee), Do-yeon PARK (Sookhee sa copine), Myeong-Shin PARK (Bomo la nounou), Ah-Sung KO (Ye-Shin la boiteuse)La réalisatrice Ounie LECOMTE (née à Seoul en 1966, émigrée à Paris pour adoption en 1975) signe ici son premier long métrage, après quelques expériences d’actrice et de costumière (elle a fait des études de styliste). Le scénario, d’inspiration évidemment autobiographique, a été écrit lors d’un atelier de formation à la FEMIS, qui lui a permis d’acquérir la distance grâce à laquelle « l’intime devient partageable. »Résumé :

La petite Jinhee, 9 ans, est emmenée par son père dans un orphelinat qui se souciera de la faire adopter. Arc-boutée sur son refus de cet abandon inexpliqué, mais aidée par l’amitié d’une gamine un peu plus grande, on la voit forger sa détermination de ne plus dépendre que d’elle-même. Après les départs d’autres fillettes enfin adoptées, vient son tour.Analyse :

Abandon et adoption, il pourrait y avoir là de quoi larmoyer de peine et d’attendrissement ; mais le film d’Ounie LECOMTE, elle-même née coréenne, abandonnée et adoptée, est d’une retenue et d’une pudeur exemplaires, sans rien perdre en force. Le choc de l’abandon – vrai sujet du film, l’adoption n’est qu’un épilogue – est décrit comme une trahison absolue à laquelle il n’est besoin de rien ajouter : l’orphelinat et son encadrement sont ‘impeccables’, les rapports entre enfants dépourvus des mesquineries et méchancetés que leur situations pénibles pourraient faciliter. L’évolution des sentiments et attitudes de Jinhee et des autres protagonistes est retracée avec sensibilité et intelligence (par exemple, au cours du jour de fête que lui offre son père la veille de la séparation, on voit son éblouissement radieux se teinter peu à peu d’étonnement puis d’anxiété). Le jeu des enfants, qui tiennent l’essentiel de l’écran, est remarquable de justesse et de naturel, malgré ou grâce au handicap de la langue : la réalisatrice ayant perdu la connaissance du coréen a dû faire comprendre à ses petites actrices ce qu’elle attendait d’elles « ... par des choses physiques, concrètes, mécaniques, jamais par la psychologie ». La révolte, les angoisses, les amitiés, les déchirements de Jinhee nous sont présentés de son point de vue, c’est à dire ‘à hauteur d’enfant’ – les adultes étant donc souvent cadrés au dessous de la ceinture ! Mais on n’y sent pas d’artifice.
Une vie toute neuve, présenté en projection spéciale au festival de Cannes 2009, n’est pas seulement un témoignage psychologique captivant, mais aussi sociologique : le divorce étant très mal vu alors en Corée, les ‘traces’ d’un précédent mariage étaient parfois rejetées, multipliant ce genre d’abandons, tandis que l’Etat coréen favorisait les adoptions à l’étranger (de 1953 jusqu’aux années 1990, la Corée du Sud était le pays du monde, origine du plus grand nombre d’adoptions étrangères légales). Depuis, les moeurs et la politique font disparaître ces pratiques.

Jacques Vercueil

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