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Fiche technique :

Réalisation Lee Chang-Dong - Scénario et dialogues : Lee Chang-Dong - Photo : Kim Hyunseok - Décor : Sihn Jeomhui - Montage : Kim Hyun - Production : PINE HOUSE FILMS Distribution : DIAPHANA DISTRIBUTION

Avec :

Yoon Jung-hee (mija) - Lee David, Kim Hira - An Naesang Lee Chang-Dong est né en 1954 en Corée du sud. Ecrivain, puis ministre de la culture de la Corée du Sud, il a réalisé successivement Green fish (1996), Peppermint Candy (2000), Oasis (2002), Secret Sunshine (2007). Dans ces films il s'intéresse particulièrement à des gens particuliers, à des anonymes que rien, a priori ne devrait distinguer des autres. Poetry a obtenu le prix du scénario à Cannes en 2010. Dans une petite ville de la province du Gyeonggi traversée par le fleuve Han, Mija vit avec son petit-fils, qui est collégien. C’est une femme excentrique, pleine de curiosité, qui aime soigner son apparence, arborant des chapeaux à motifs floraux et des tenues aux couleurs vives. Le hasard l’amène à suivre des cours de poésie à la maison de la culture de son quartier et, pour la première fois dans sa vie, à écrire un poème.La vie de Mija s’étire lentement au rythme d’une grand-mère qui perd peu à peu la mémoire et n’a pas beaucoup de prises sur sa vie personnelle ni sur celle de son petit-fils adolescent qui lui a été confié. Son désir d’accéder à la poésie paraît saugrenu à son entourage. Et pourtant elle persévère, s’inscrivant à un cours d’écriture poétique et fréquentant des séances de lectures de poèmes. C’est l’entrée dans cet univers qui va l’aider à voir le monde autour d’elle d’un autre oeil que celui auquel son humble position sociale la limitait. Lorsque Mija découvrira que son petit-fils est impliqué dans le viol d’une collégienne qui s’est ensuite suicidée elle pourra progressivement résister aux autres parents qui ne pensent qu’à étouffer l’affaire. Son apparente passivité lors des réunions avec les pères des autres coupables peut laisser croire qu'elle cèdera au plan prévu pour «indemniser» la mère de la jeune victime, puisqu'elle ira même jusqu'à céder aux avances du vieillard hémiplégique dont elle s'occupe pour trouver l'argent nécessaire à sa contribution à l'«indemnisation». Mais une fois accompli ce geste, elle trouvera la force de ne pas laisser son petit-fils dans l'impunité. Sans jamais affronter violemment le monde social elle déploie sa propre force de résistance morale. Le film est donc construit sur une alternance de scènes liées à la poésie, à ceux qui s’y adonnent et à leur nouvelle vision du monde, et des scènes liées au drame et à ses conséquences, dans un univers dont les manières extrêmement policées contrastent avec la cruauté. Le retournement final, très elliptique, montre une issue dont le tragique est atténué par sa dimension poétique.(Maguy Chailley)

Poetry (Shi)

République de Corée, 2010, 139min.
mention du jury oecuménique Cannes 2010

Réalisation : Lee Chang-dong

Biographie :

ee (mija) - Lee David, Kim Hira - An Naesang Lee Chang-Dong est né en 1954 en Corée du sud. Ecrivain, puis ministre de la culture de la Corée du Sud, il a réalisé successivement Green fish (1996), Peppermint Candy (2000), Oasis (2002), Secret Sunshine (2007). Dans ces films il s'intéresse particulièrement à des gens particuliers, à des anonymes que rien, a priori ne devrait distinguer des autres. Poetry a obtenu le prix du scénario à Cannes en 2010.Résumé :

Dans une petite ville de la province du Gyeonggi traversée par le fleuve Han, Mija vit avec son petit-fils, qui est collégien. C’est une femme excentrique, pleine de curiosité, qui aime soigner son apparence, arborant des chapeaux à motifs floraux et des tenues aux couleurs vives. Le hasard l’amène à suivre des cours de poésie à la maison de la culture de son quartier et, pour la première fois dans sa vie, à écrire un poème.Analyse :

La vie de Mija s’étire lentement au rythme d’une grand-mère qui perd peu à peu la mémoire et n’a pas beaucoup de prises sur sa vie personnelle ni sur celle de son petit-fils adolescent qui lui a été confié. Son désir d’accéder à la poésie paraît saugrenu à son entourage. Et pourtant elle persévère, s’inscrivant à un cours d’écriture poétique et fréquentant des séances de lectures de poèmes. C’est l’entrée dans cet univers qui va l’aider à voir le monde autour d’elle d’un autre oeil que celui auquel son humble position sociale la limitait. Lorsque Mija découvrira que son petit-fils est impliqué dans le viol d’une collégienne qui s’est ensuite suicidée elle pourra progressivement résister aux autres parents qui ne pensent qu’à étouffer l’affaire. Son apparente passivité lors des réunions avec les pères des autres coupables peut laisser croire qu'elle cèdera au plan prévu pour «indemniser» la mère de la jeune victime, puisqu'elle ira même jusqu'à céder aux avances du vieillard hémiplégique dont elle s'occupe pour trouver l'argent nécessaire à sa contribution à l'«indemnisation». Mais une fois accompli ce geste, elle trouvera la force de ne pas laisser son petit-fils dans l'impunité. Sans jamais affronter violemment le monde social elle déploie sa propre force de résistance morale. Le film est donc construit sur une alternance de scènes liées à la poésie, à ceux qui s’y adonnent et à leur nouvelle vision du monde, et des scènes liées au drame et à ses conséquences, dans un univers dont les manières extrêmement policées contrastent avec la cruauté. Le retournement final, très elliptique, montre une issue dont le tragique est atténué par sa dimension poétique.

Maguy Chailley

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