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Fiche technique :

Réalisation :Réalisation et scénario : Pedro Costa ; Photographie : Pedro Costa et Leonardo Simoes - Montage : Pedro Marques - Son : Olivier Blanc - Montage son : Nuno Carvalho - Production : Les films de l’étranger (France),Ventura films (Suisse), Contracosta producoes (Portugal) - Distribution : Equation France

Avec :
scénario : Pedro Costa ; Photographie : Pedro Costa et Leonardo Simoes - Montage : Pedro Marques - Son : Olivier Blanc - Montage son : Nuno Carvalho - Production : Les films de l’étranger (France),Ventura films (Suisse), Contracosta producoes (Portugal) - Distribution : Equation France

En avant, jeunesse (Juventude em marcha)

Portugal, 2008, 155min.

Réalisation : Pedro Costa

Biographie :

La radicalité du cinéma de Costa, ancrée du côté de Bresson ou de Straub et Huillet -auxquels il a consacré un film- , a éclaté en quelques films depuis son premier long métrage O sangue (1990) suivi de Casa de lava (1994). Ce 6ème film, en sélection officielle à Cannes en 2007, est après Ossos (1998) et Dans la chambre de Vanda (2001) le dernier d’une trilogie qui met en scène autour du personnage marginal et solitaire de Mario Ventura Medina, une fiction documentaire sur le bidonville défunt du nord ouest de Lisbonne, Fontainhas, dont la plupart des 9000 habitants ont été relogés.

Résumé :

Délaissé par son épouse Clotilde, Ventura, ouvrier cap-verdien de la banlieue de Lisbonne est perdu entre l'ancien quartier délabré où il a vécu jusqu'à présent et son nouveau logement flambant neuf dans un lointain bloc HLM tout juste achevé. Tous les jeunes paumés que Ventura rencontre deviennent ses propres enfants.

Analyse : Tourné en caméra mini DV, en 15 mois d’un rude travail de collaboration entre des non acteurs qui jouent leur propre rôle et le cinéaste qui a retravaillé les textes avec eux, ce film est avant tout un hymne vibrant à la noblesse de l’immigré et à sa grandeur.
Aux antipodes de toute esthétisation complaisante ou voyeuriste de la misère, de la violence et de la drogue dans lesquelles ils vivent, il s’agit, par la grâce d’un véritable partage d'une dignité esthétique, d’une transposition lyrique de la vie quotidienne réelle de ces hommes qui, en s’en emparant, s’élèvent au dessus de leur destin.
Ainsi Ventura, personnage quasi mythologique, prince exilé hautain et hiératique, évolue-t-il majestueusement au sein de sa famille réelle et imaginaire, dans un contexte de tragédie antique, dont la théâtralité est encore accentuée par la fréquente déclamation des personnages qui semblent penser à haute voix.
Les longs plans fixes et statiques saisissant souvent les personnages en légère contre plongée - dans la chaude variété des couleurs sombres des taudis comme dans la blancheur inhospitalière des nouveaux logis - sont constamment tournés en lumière naturelle et confèrent à la déambulation du récit et à ses digressions une âpre mélancolie.
Enfin la poignante lettre d’amour courtois à la bien aimée restée au pays que scande inlassablement Ventura - savant tissage de vraies lettres d’immigrés et de celles, ultimes, adressées à sa femme par le poète Desnos interné - imprègne le film d’un parfum entêtant de fado capverdien.

Jean-Michel Zucker

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