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Fiche technique :
Chef opérateur : Emmanuel Gras – Image : Emmanuel Gras – Son : Manuel Vidal – Montage : Karen Benainous – Musique : Gaspar Claus – Production : Nicolas Anthome (Batysphere) – Distribution France : Les Films du Losange

Makala

France, 2017, 96min.
Grand Prix de la Semaine de la critique au festival de Cannes, 2017

Réalisation : Emmanuel Gras

Biographie :

Emmanuel Gras, français, a étudié l'image à l'E.N.S. Louis Lumière de Lyon. Il est particulièrement intéressé par l'aspect visuel du cinéma. Après plusieurs courts-métrages, il réalise Bovines (ACID, Cannes 2012), puis Makala (Grand Prix de la Semaine de la critique, Cannes, 2017)

Résumé :

En République démocratique du Congo, un jeune villageois espère offrir un avenir meilleur à sa famille. Il a comme ressources ses bras, la brousse environnante et une volonté tenace. Parti sur des routes dangereuses et épuisantes pour vendre le fruit de son travail, il découvrira la valeur de son effort et le prix de ses rêves.

Analyse :

Makala signifie charbon en swahili, un charbon qu'un jeune homme congolais, Kabwita Kasongo, tire d'un arbre qu'il a choisi et abattu. Après l'avoir brûlé dans les règles de l'art, il récupère le charbon qu'il s'en va vendre à la capitale, Kinshasa.

Dans ce périple filmé par Emmanuel Gras, on suit Kabwita marchant à côté de son vélo dont le cadre a disparu, surchargé de sacs de charbon. C'est une véritable prouesse que de traîner ce vélo. Mais ce périple va être semé d'embûches. Par moments, le suspense est là. Kabwita va-t-il arriver jusqu'à Kinshasa sans encombre, avec le maximum de charbon qu'il doit vendre pour pouvoir faire vivre sa famille? Peu de paroles dans ce film. Mais une musique qui accompagne Kabwita pendant son trajet: le violoncelle de Gaspar Claus la nuit, les bruits de la nature, les craquements du bois qui brûle, le vent qui souffle, les roues du vélo grinçant, les bruits de pas... On suit Kabwita dans des paysages rendus par d'amples mouvements de caméra. On ressent ce que ressent Kabwita : la chaleur, la douleur des muscles, la sueur, l'épuisement. Puis, c'est le passage de la nature à la ville avec des lumières vives, des couleurs criardes, des bruits de rue, des musiques modernes, commerciales.

Pour Emmanuel Gras, ‘l'ambition de ce film est de faire vivre au spectateur une véritable expérience sensorielle, lui faire ressentir toute l'intensité physique et moral du labeur et l'immerger dans l'univers sonore et visuel du Congo". Un pari réussi.

Marie-Christine Griffon

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