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Fiche technique :
- Photographie : Zhang Tao - Montage : Isabelle Mayor, Zhang Tao - Production : Vincent Wang - Co-production : House on fire, Bu Tong Pictures et Tender Madness - Soutien d’ACID

Avec :
Yu Fengyuan (la grand-mère), Li Fengyun (le deuxième fils), Chen Shilan (l’épouse du deuxième fils), Pan Yun (la deuxième fille), Ruan Fengming (l’époux de la deuxième fille), Zhang Jun (le troisième fils), Wei Yongzhi (l’épouse du troisième fils). Tous les interprètes sont des amateurs.

Le rire de Madame Lin (Last Laugh)

Hongkong, France, 2017, 82min.

Réalisation et scénario : Zhang Tao

Biographie :

Zhang Tao est un réalisateur chinois originaire du Shangdong (est de la Chine). Il est diplômé de cinéma au sein de l’Académie d’art dramatique de Pékin. En 2015, son court métrage de fin d’études, Laughing to die, est primé. A partir de ce film, il réalise Le rire de Mme Lin, son premier long métrage.

Résumé :

Dans un village du Shandong, une vieille paysanne demeure seule chez elle et ses enfants, préoccupés, demandent une place à l’hospice. Elle fait une chute. La place à l’hospice n’étant pas disponible, la seule solution qui s’offre aux enfants est d’accueillir leur mère, tour à tour, car aucun ne veut ou ne peut la prendre en charge définitivement. Le réalisateur s’est inspiré de l’histoire de sa grand-mère qui s’est pendue à 96 ans et qui souffrait de la maladie du rire.

Analyse :

Le film narre la lente dégradation de l’état de Mme Lin qui doit quitter son domicile et est prise en charge par trois de ses enfants. Elle passe de la ferme de son deuxième fils à l’appartement de sa deuxième fille puis à la modeste échoppe de son troisième fils. La première image est un plan serré de Mme Lin et de sa belle-sœur de dos. Elles écoutent de la musique sans que l’on ne sache ni d’où elle provient, ni dans quelles circonstances elle est jouée. Puis on retrouve Mme Lin chez elle, elle mange, se lave le visage, se peigne, jette un œil au miroir. La caméra fixe un instant des photos de famille, accrochées au mur, elle joint les mains et prie devant une statue de Bodhisattva. En écho, la dernière fois où l’on voit Mme Lin vivante, la même scène se reproduit. Elle suit le même rituel, les gestes sont encore plus lents avant son suicide. La scène finale, après les funérailles de Mme Lin, relate la fête qui suit traditionnellement l’enterrement. L’on découvre alors, posé sur une chaise au milieu du premier rang un portrait de Mme Lin qui parait légèrement souriante. Le film dépeint de façon assez noire les relations entre Madame Lin et ses enfants qui la traitent avec rudesse, refusent ses cadeaux, ne montrent aucun signe de reconnaissance pour ce que leur mère a fait pour eux, à l’opposé de l’attitude de cette dernière dont la dernière prière avant son suicide est ‘Bénissez et Protégez mes enfants’. Le film dépeint avec tendresse les liens que Mme Lin a tissés avec deux de ses petits-enfants et son arrière-petite-fille. La question de l’argent est centrale : coût de l’hospice, des soins médicaux, etc. Tout le film baigne dans une semi-obscurité sauf la scène de la morgue où la lumière est crue. Les personnages sont rarement de face et ont souvent la tête baissée. Peu nombreuses sont les scènes en plan large, l’essentiel est filmé en plans serrés. La musique n’est présente que dans la première et la deuxième scène. Au travers de ce film Zhang Tao traite avec force de façon intimiste de la question de la prise en charge des personnes âgées dépendantes et des cas de suicides très fréquents. Dans la Chine actuelle la situation des séniors est d’autant plus difficile qu’un profond bouleversement affecte la société du fait du changement de modèle économique et social et des conséquences de la politique de l’enfant unique. Mais cette question est universelle et c’est un film qui nous touche.

Anne-Marie Birac

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