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Fiche technique :
 – Image : Antoine Heberlé –Montage : Jacques Comets – Musique : Koo Abu Ali – Production : Ossama Bawardi, Jacques Bidou

Avec :
Mohamad Bakri – Saleh Bakri – Maria Zreik« 

Wajib, l'invitation au mariage (Wajib)

Palestine, 2017, 96min.

Réalisation et scénario : Annemarie Jacir

Biographie :

Annemarie Jacir est née en 1974 à Bethléem. Elle a grandi et étudié à l’étranger tout en maintenant un lien constant avec son lieu de naissance. Elle réalise son premier court-métrage en 2001 (les chasseurs de paraboles) suivi en 2002 par Comme vingt impossibles. Son premier long métrage, Le sel de la mer, est présenté en 2008 au festival de Cannes, premier long métrage signé d’une réalisatrice palestinienne. Elle réalise ensuite When I saw you (2012).« 

Résumé :

Abu Shadi, 65 ans, divorcé, professeur à Nazareth, prépare le mariage de sa fille. Shadi, son fils, architecte à Rome, rentre quelques jours pour l’aider à distribuer les invitations au mariage de la main à la main.« 

Analyse :

Petit bijou de finesse et d’intelligence dans la description de ce qui sépare (et unit encore) les parents palestiniens et leurs enfants lorsque ceux-ci ont fait le choix de quitter leur pays d’origine. Le parcours fait par Shadi et son père dans les rues de Nazareth et dans les habitations de leurs invités fait découvrir une société palestinienne (chrétienne) avec ses rites de solidarité, les pesanteurs de la tradition familiale, et la rupture qui s’accentue entre le père et le fils. Leur conversation montre la séparation entre leur projet de vie, leur perception du présent et de l’avenir. C’est souvent à des petits détails qu’on le devine : la manière dont Shadi s’habille et se coiffe, l’insistance du père à présenter son fils comme médecin, à lui parler de quelques jeunes filles, plus conformes à ses vœux pour un mariage, que celle avec laquelle Shadi vit à Rome….Abu Shadi est très fier de son fils dont il admire la réussite mais il la transforme en fonction de ce que les représentations de son milieu lui dictent, en particulier l’éventualité d’un projet de retour au pays. Ce parcours dans les rues de Nazareth nous permet de voir ce que le fils refuse depuis son départ en Italie : la saleté des rues, le manque de discipline urbaine, le poids du regard des autres, la présence de militaires israéliens…..

Si toute la première partie se déroule sur un mode léger, la préparation de l’événement va prendre un tour plus âpre : la mère d’Amal va-t-elle pouvoir venir au mariage de sa fille ? Comment Shadi va-t-il accepter certains invités de son père qu’il ressent comme des ennemis ? Les échanges entre le père et le fils deviennent de plus en plus tendus et font apparaître deux positions diamétralement opposées en ce qui concerne Israël et l’avenir des Palestiniens.

Ce film se situe dans le courant actuel du cinéma palestinien. Après une longue période militante qui avait pour objet de montrer au monde ce qu’il en était de l’occupation de la Palestine et avait donc une portée militante, surtout informative et documentaire, la jeune génération des réalisateurs palestiniens se tourne vers des films « locaux » mais à portée plus universelle, ainsi les relations entre générations.

Courez donc voir ce petit chef-d’œuvre.« 

Maguy Chailley

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