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Fiche technique :
 - Guillermo del Toro, co-scénariste avec Vanessa Taylor - Image : Dan Laustsen - Montage : Sidney Wolinsky - Décors : Paul D. Austerberry - Musique d'Alexandre Desplats - Distribution France : 20th Century Fox

Avec :
Sally Hawkins (Elisa Esposito), Michael Shannon (Richard Strickland), Richard Jenkins (Giles), Octavia Spencer (Zelda Fuller), Doug Jones (l'amphibien), Michael Stuhlbarg (Dr Robert Hoffstetler)

La forme de l'eau (The Shape of Water)

Etats-Unis d'Amérique, 2018, 123min.
Meilleur réalisateur et meilleure musique, Golden Globes, 2018 Lion d'or, Mostra de Venise, 2017 Meilleur réalisateur et meilleure musique, BAFTA Awards / Orange British Academy Film Awards, 2018 Meilleur film, Producers Guild of America Awards, 2018

Réalisation : Guillermo Del Toro

Biographie :

Le réalisateur mexicain Guillermo del Toro est né en 1964 à Guadalajara et se passionna encore gamin pour le cinéma. Le premier long métrage qu'il produit (Dona Herlinda y su Hijo) date de 1986. Séduit, dans l'Exorciste, par les effets et le maquillage, il en fera jusqu'en 1995 sa profession, en parallèle avec une activité qu'il poursuivra d'acteur, producteur, scénariste et réalisateur. Cronos (1993) fut son premier grand succès, avec neuf prix au Mexique et le prix FIPRESCI à Cannes. Le labyrinthe de Pan (2006) fut particulièrement apprécié en France.

Résumé :

Femme de ménage dans un laboratoire gouvernemental, Elisa découvre qu'un être monstrueux y est enchaîné. Pour cette femme solitaire, enfermée dans une mutité que seuls sa collègue Zelda et son coloc Giles savent traverser, c'est le coup de foudre immédiat, et réciproque. Mais une expérience est en cours sur ce sujet unique, condamné par son étrangeté.

Analyse :

C'est la beauté de l'image, décors et éclairages, qui frappe dès l'ouverture de ce film superbe. Puis vient la redécouverte, soixante ans après, de la création de Jack Arnold, L'étrange créature du Lac Noir (1954), désormais magnifique dans des couleurs et matières de notre temps, arrachée à son Amazonie d'origine. Et nous voilà embarqués dans le mythe de la Belle et la Bête, Belle devenue Cendrillon et Bête non plus velue mais écaillée, aussi puissante et dangereuse que bonne et vulnérable ; nous voici enfermés avec Elisa la nettoyeuse dans un laboratoire de savant fou où la piscine est digne des bains Geller ; et sous nos yeux se déploient des jeux d'espions façon James Bond et guerre froide, se déploie le romantisme débridé des deux amoureux, la sauvagerie stupide des brutes du complexe militaro-industriel, l'homosexualité timide du bon Giles, et le bon sens efficace de l'indispensable Zelda que tous exploitent : bienvenue à l'actrice Octavia Spencer, déjà vue dans les labos de la NASA pour Les figures de l'ombre. Pour finir, retour au décor, au labyrinthe 3D, comme dans le Nom de la Rose, de l'immeuble-cinéma où vit Elisa... Cinéma déserté, télévision oblige, puisque quatre spectateurs seulement subiront (un en sera réveillé !) l'inondation venue de la baignoire amoureuse d'Elisa. Elisa à qui la performance de Sally Hawkins, tout en gestes, regards et attitudes puisqu'elle ne peut rien dire, confère une 'présence' étonnante et, quand il le faut, ravissante.

Le fond de l'histoire étant parodique, peu importe la crédibilité des bons (des bonnes, surtout) et des méchants (les messieurs, surtout), pas plus que celle de cette passion inter-spéciale (Elisa expliquera cependant à Zelda étonnée comment cela peut fonctionner). Le message réprobateur des discriminations, du colonialisme, de l'exploitation des humains et de la nature, du militarisme, du nationalisme et du machisme est asséné en passant, sans lourdeur, comme une évidence qu'il n'est pas besoin de souligner. Mais c'est faire injure à ce divertissement spectaculaire et réussi que de vérifier qu'il a ses papiers en règle politiquement correcte. Tout au plus peut-on regretter que vers la fin, del Toro, emporté par l'histoire d'amour menacé de ses tourtereaux, nous laisse un peu languir au bord du canal ; cela ne dure pas trop longtemps, heureusement.

Jacques Vercueil

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