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Fiche technique :
Directeur de la photographie : Emmanuelle Collinot - Montage : Valérie Loiseleux – Compositeur : Kasper Winding – Productrice : Julie Salvador – Distributeur : Memento Films Distribution

Avec :
Sandrine Kiberlain (Margaux 1) – Agathe Bonitzer (Margaux 2) – Melvil Poupaud (Marc)

La belle et la belle

France, 2018, 95min.

Réalisation et scénario : Sophie Fillières

Biographie :

Sophie Fillières, née en 1964, est issue de la première promotion de la Femis sortie en 1990, comme Noémie Lvovsky et Solveig Anspach. Après plusieurs courts métrages, elle réalise en 1991 un court très remarqué, Des filles et des chiens, interprété par Sandrine Kiberlain et sa sœur Hélène Fillières, qui lui vaut le Prix Jean Vigo. Elle passe au long métrage en 1994 avec Grande Petite et réalise ensuite plusieurs films Aïe (2000), Gentille (2005), Un chat un chat (2009), Arrête ou je continue (2014) qui ont pour traits communs d’être des comédies et de mettre en scène des femmes, souvent interprétées par Emmanuelle Devos, comme personnages principaux.

Résumé :

Margaux, 20 ans, est étudiante, ne sait pas bien ce qu’elle veut faire de sa vie et enchaîne les liaisons amoureuses éphémères. Elle fait la connaissance de Margaux, 45 ans, professeur d’histoire et géographie à Lyon. Elles découvrent qu’elles ne forment qu’une seule et même personne à deux âges différents de leur vie.

Analyse :

Le dernier film de Sophie Fillières est une fantaisie surréaliste, un film léger comme un ballon ou une plume qui vole au gré du vent. Dès l’arrivée de Margaux 1 à Paris, où elle va faire la connaissance de Margaux 2, il flotte un parfum d’irréel. Elles se rencontrent dans des circonstances complètement invraisemblables et leur découverte qu’elles sont la même personne à 25 ans d’intervalle ne semble aucunement étonner Margaux 1 jouée par Sandrine Kiberlain.

Ce scénario fantastique, qui rappelle un peu celui de Camille redouble de Noémie Lvovsky, va mener le spectateur dans une succession d’épisodes où l’aînée va prodiguer des conseils à sa cadette, puisqu’elle sait à l’avance les bêtises qu’elle va faire, tout en s’interrogeant elle-même sur ce qu’elle a fait de sa vie. L’affaire se corse lorsqu’elles rencontrent un bel avocat lyonnais, joué par Melvil Poupaud, qui a été l’amant et le compagnon de l’aînée et dont la cadette va tomber amoureuse. Voilà donc les deux femmes amantes du même homme et, semble-t-il dans le film, au même moment. A partir de là, spectateurs, abandonnez toute rationalité, et laissez vous charmer par l’instant et par la fantaisie des dialogues, et notamment le langage un peu décalé et souvent cocasse de Sandrine Kiberlain. Car cette relation amoureuse incongrue et irrationnelle conduit à une réflexion émouvante sur les sentiments amoureux, sur leur possible affadissement mais aussi sur leur renaissance et leur permanence.

Comment interpréter ce film si l’on cherche à construire un schéma rationnel ? Est-ce un rêve fantasmé de la plus jeune sur sa possible vie future ? Ou plutôt une interrogation douce amère de la plus âgée sur ce qu’a été sa vie, sur les choix qu’elle a faits, ceux qu’elle aurait pu faire, et ceux qu’elle peut encore faire ? Peu importe au fond, le film est une très jolie réflexion, très bien jouée et pleine d’humour et de poésie, sur la vie, l’amour, et le temps qui passe.

Jacques Champeaux

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  • Emission Champ Contrechamp du 27 mars 2018 (J. Lods, F. Lods, J. Zucker et J. Champeaux)

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