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Fiche technique :
 – Scénario : Lukas Dhont et Angelo Tyssens – Photographie : Frank Van den Eeden – Montage : Alain Dessauvage – Musique : Valentin Hadjadj – Chorégraphie : Sidi Larbi Cherkaoui - Distribution France : Diaphana Distribution

Avec :
Victor Polster (Lara) – Arieh Worthalter (Mathias) – Oliver Bodart (Milo)

Girl (*Fille)

Belgique, 2018, 100min.
Prix d'interprétation pour Victor Poster dans la sélection Un Certain Regard, Cannes 2018 - Caméra d'Or, Cannes 2018

Réalisation : Lukas Dhont

Biographie :

Lukas Dhont est un jeune réalisateur flamand né en 1991et vivant à Gand. Avant Girl, son premier long métrage, il a réalisé quelques courts métrages dont Corps perdu en 2012 et L’infini en 2014. Initialement, Lukas Dhont souhaitait réaliser un documentaire à partir de l’histoire d’une jeune fille qui, bien que née dans un corps de garçon, voulait devenir danseuse étoile. La jeune fille a refusé mais a accepté de lui raconter son expérience pour l’écriture d’un film-fiction.

Résumé :

Lara, 15 ans, rêve de devenir danseuse étoile, alors qu’elle est née garçon. Elle suit un traitement hormonal et, avec le soutien de son père, Mathias, elle intègre une école de danse. Mais son corps ne se plie pas si facilement à la discipline des exercices. Jeune fille en devenir, Lara va devoir aller au bout de sa propre souffrance pour atteindre son rêve. 

Analyse :

Habituellement les films consacrés au changement d’identité sexuelle portent sur les difficultés et les souffrances que la personne transgenre rencontre dans son entourage familial et social. Avec Girl, pas de problématique de ce genre. Bien au contraire, Lara évolue dans un environnement tout à fait compréhensif et particulièrement bienveillant à son égard, à une exception près, lorsque ses camarades de danse la somment de dévoiler son véritable sexe d’origine. 

Dans un style quasi documentaire, le film accompagne au plus près le parcours de Lara et alterne les différentes séquences qui scandent ses journées. A la maison, les gestes domestiques mettent en scène les liens de complicité et d’intimité avec le père, Mathias, et le petit frère, Milo. A l’école de danse, les exercices s’enchaînent jusqu’à l’épuisement du corps. A cela s’ajoutent les séances de suivi médical et psychologique du traitement hormonal de l’adolescente.

Ainsi présenté, le film pourrait être la simple chronique d’une transformation sexuelle vécue sans drame. Or, certaines scènes viennent briser ce cours tranquille, en particulier lorsque Lara s’isole volontairement comme pour échapper aux autres, tout bienveillants et compréhensifs qu’ils soient. A la maison, elle s’enferme dans sa chambre pour fuir une proximité paternelle devenue pesante. A l’école de danse, elle se réfugie dans les toilettes pour se soustraire aux douches collectives et éviter la confrontation avec la féminité des autres danseuses. Au cabinet médical, elle s’absente par moments du dialogue avec ses interlocuteurs. La transformation de Lara se révèle être un combat, contre son propre corps, contre elle-même. On la voit scruter avec anxiété son apparence trop peu féminine, tâter ses orteils en sang après ses exercices de danse, arracher de son ventre endolori les bandages avec lesquels elle tente d’effacer ses attributs virils. Elle va jusqu’à amorcer bien maladroitement une relation sexuelle avec un jeune voisin de palier. Lara est un peu comme un sculpteur aux prises avec un bloc de marbre pour en faire émerger un mouvement, une forme.

Composé essentiellement de plans serrés et tout en couleurs chaudes - orangées, parfois bleutées -,Girl est un très beau film qui nous fait entrer, sans effraction et sans la moindre trace de voyeurisme, dans l’intimité d’une adolescente en train de se construire à l’aune de son rêve.

Yves Ballanger

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