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Fiche technique :
 – Scénario : Jérôme Beaujour, Guillaume Nicloux - Montage : Guy Lecorne – Photo : David Ungaro – Décors : Olivier Radot – Son : Olivier Do Huu, Fanny Weinzaepflen - Musique : Shannon Wright – Distribution : Ad Vitam

Avec :
Gaspard Ulliel (Robert Tassen), Guillaume Gouix (Cavagna), Lang-Khé Tran (Maï), Gérard Depardieu (Saintonge), Jonathan Couzinié (Lieutenant Maussier)

Les confins du monde

2018, 103min.

Réalisation : Guillaume Nicloux

Biographie :

Né en 1966. Sa carrière commence au théâtre (création de La Troupe)Comme réalisateur il débute avec Les Enfants volants (1990) et un téléfilm (La Vie crevée - 1992). Films marquants : Le Poulpe (1998), Le Concile de Pierre (2006), Holiday (2010), La Religieuse (2013), Valley of love (2015) où il tourne avec deux monstres sacrés du cinéma français (Depardieu, Huppert). Cinéaste « multi-genres », il est attiré par les univers singuliers, le monde « réel « côtoyant un monde invisible. Les confins du monde est son douzième long métrage, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs 2018.

Résumé :

Indochine, 1945. Robert Tassen, jeune militaire français, est le seul survivant d’un massacre au cours duquel son frère a péri sous ses yeux. Aveuglé par la vengeance, il s’engage dans une quête solitaire à la recherche des assassins. Mais sa rencontre avec Maï, une jeune prostituée indochinoise, va bouleverser ses certitudes.

Analyse :

Un homme assis, en tenue militaire coloniale, penché en avant, regarde droit devant lui, face à la caméra. Les yeux sont fixes et centrés comme sur un autre monde, un au-delà de cette caserne où il est revenu. Derrière lui circulent des soldats désoeuvrés. Cet homme est habité par un cauchemar : quelques plans d’un charnier, où un soldat japonais exécute les corps encore vivants. Le style et la forme du récit sont donnés dans cette séquence inaugurale : longs plans fixes permettant une série de syncopes du temps, la suspension du récit devenant par là même incertaine.

Robert a une idée fixe. Retrouver le militaire d’origine vietnamienne qu’il accuse d’avoir favorisé et couvert le crime de guerre. Nous sommes en mars 1945, et déjà apparaissent les tensions nationalistes qui vont provoquer la guerre d’Indochine, après la défaite du Japon. Tassen obtient de son capitaine de mener des expéditions punitives. Combat de guérilla dans les forêts brumeuses et humides : l’armée française se montre dépassée, inefficace contre un ennemi embusqué. Certaines scènes rappellent Apocalypse now (Coppola). Les images des soldats français menacés en permanence par un ennemi invisible donnent peu à peu le sentiment d’être dans d’un mauvais rêve. Robert Tassen est à la recherche d’un fantôme. L’ennemi est probablement mort, lui dit-on. Mais il rencontre Maï dans un bordel militaire. Femme au visage angélique, lisse, incarnant la soumission aux désirs des hommes. C’est la rencontre de son salut possible, l’incitant à cesser sa quête sanguinaire. Un rêve peut-être ? L‘ illusion d’une vie d’amour, dans la paix de l’être ? La nuit tropicale auprès d’une femme qu’il voudrait s’approprier est teintée de désespoir… Dans son errance au cœur des ténèbres (souvenir de Conrad), il rencontre un Français, Saintonge, qui l’observe et qui tente de lui ouvrir les yeux sur l’impasse dans laquelle sont les militaires français. L’homme qui ne se réclame d’aucun bord, a un côté inquiétant et rassurant à la fois. Il pourrait être aussi le narrateur de l’aventure de Robert, ajoutant une touche d’irréel dans cette dramatique histoire. La dernière scène accentue le caractère poétique et fantastique du film, un retour en boucle…

Alain Le Goanvic

Autres articles sur ce film

  • Emission Ciné qua non du 18 décembre 2018 (M. Chailley, C. Bonnet, H. Lassale et D. Nové-Josserand)
  • Les confins du monde (J. Vercueil)

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