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Fiche technique :
 - Scénario : Vittorio et Paolo Taviani, d’après le roman éponyme de Beppe Fenoglio – Directeur de la photographie : Simone Zampiani – Montage : Roberto Perpignani – Musique : Giuliano Taviani, Carmelo Travia – Production : Sampek Productions, RAI Cinema – Distribution France : Pyramide

Avec :
Luca Marinelli (Milton) – Lorenzo Richelmy (Giorgio) – Valentina Bellè (Fulvia)

Una questione privata

Italie, 2018, 85min.

Réalisation : Vittorio Taviani, Paolo Taviani

Biographie :

Les frères Vittorio et Paolo Taviani, nés en 1929 et 1931, ont cosigné la mise en scène de tous leurs films. Ils connaissent la célébrité avecPadre Padrone, l’histoire d’un jeune berger sarde, Palme d’or à Cannes 1977, puis avec La nuit de San Lorenzo, Prix spécial du Jury à Cannes 1982, et Kaosen 1984, poignant et poétique. Héritiers du néoréalisme italien, ils pratiquent un cinéma historique et social enraciné dans la campagne italienne. En 2012, ils réalisent un film très original, tourné dans une prison de Rome avec des détenus comme acteurs, César doit mourir, Ours d’or au Festival de Berlin. 

Résumé :

Au cours de l’été 1943, dans le Piémont, Milton aime Fulvia qui joue avec son amour ; elle aime surtout la profondeur de sa pensée et les lettres qu’il lui écrit. Un an plus tard, Milton est entré dans la Résistance et se bat aux côtés d’autres partisans. Au détour d’une conversation, il apprend que Fulvia aimait peut-être son ami Giorgio, partisan lui aussi. Milton se lance alors à la recherche de Giorgio. Mais Giorgio vient d’être arrêté par les fascistes. Milton cherche alors à faire un prisonnier parmi les fascistes pour l’échanger avec Giorgio. 

Analyse :

Una questione privata sera le dernier film des frères Taviani, puisque Vittorio, l’aîné, est décédé peu avant la sortie du film, à l’âge de 88 ans. Pour ce film, ils renouent avec l’histoire de la dernière guerre qu’ils avaient évoquée de manière dramatique avec La nuit de San Lorenzo. On voudrait être enthousiaste et ce n’est pas totalement le cas car l’histoire sentimentale, cette « questione privata » dans la grande Histoire, qui rappelle un peu Jules et Jim, n’est pas très originale et est traitée de manière assez banale par des flash-back répétitifs. 

Par contre, l’évocation de la guerre des partisans, qui n’est pas sans rappeler la Résistance française, est passionnante. Dans des montagnes où les nappes de brouillard vont et viennent à l’image de cette guerre insaisissable, ces jeunes hommes, qui menaient quelques mois plus tôt une existence insouciante, ont pris le maquis et se retrouvent à risquer leur vie pour défendre leur liberté. Leur manière de faire la guerre peut sembler légère, presque une joyeuse colonie de vacances pas très disciplinée mais quelques scènes nous rappellent que la mort est souvent au bout de l’aventure et que les fascistes, en réaction, exécutent sans pitié. Une ferme brûlée avec ses occupants massacrés, à l’exception d’une petite fille qui se blottit contre le cadavre de sa mère ou un jeune otage fusillé en représailles, sont des images dures qui ne s’oublient pas. Ce mélange d’insouciance juvénile et de danger permanent est remarquablement bien rendu et fait tout l’intérêt de ce film qui est important pour deux raisons. D’abord, c’est sans doute un des derniers films sur la guerre de 39-45 réalisés par des cinéastes qui ont vécu cette période, même s’ils étaient trop jeunes pour participer eux-mêmes aux combats ; leur témoignage est donc précieux. Ensuite, les frères Taviani ont présenté ce film comme une alerte contre la montée de l’extrême droite en Italie, comme un témoignage destiné à rappeler, pour les jeunes générations, à quoi le fascisme a conduit dans les années 30 et 40. Un film important, donc, malgré quelques réserves.

Jacques Champeaux

Autres articles sur ce film

  • Emission Champ Contrechamp du 26 juin 2018 (J. Zucker, J. Champeaux, Y. Ballanger et D. Besnard)
  • Emission Ciné qua non du 20 juin 2018 (M. Chailley, R. Hubert, C. Bonnet, H. Lassale et G. Dubois)

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