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Fiche technique :
 - Jacques Audiard, scénariste avec Thomas Bidegain - Musique : Alexandre Desplat - Photographie : Benoît Debie - Monteuse Juliette Welfling - Décor Michel Barthélémy - Distributeur France : UGC Distribution.

Avec :
Joaquin Phoenix (Charlie Sisters) ; John C. Reilly (Eli Sisters) ; Jake Gyllenhaal (Morris) ; Riz Ahmed (Hermann Kermit Warm)

Les frères Sisters (The Sisters Brothers)

Etats-Unis d'Amérique, France, Espagne, Roumanie, 2018, 117min.

Réalisation : Jacques Audiard

Biographie :

En 1994, Jacques Audiard débute dans la réalisation avec Regarde les hommes tomber (César du Meilleur premier film) dont les deux acteurs principaux sont Mathieu Kassovitz et Jean-Louis Trintignant. Il enchaîne avec Un héros très discret (prix du Meilleur scénario au festival de Cannes 1996) puis cinq ans après sort Sur mes lèvres (9 nominations aux César et prix du Meilleur scénario et de la Meilleure actrice). En 2005 naît De battre mon coeur s'est arrêté, et quatre ans plus tard Un prophète (Grand Prix au festival de Cannes 2009 et neuf César). Il reçoit la Palme d'Or pour Dheepan en 2015. Son film Les Frères Sisters est sa huitième réalisation.

Résumé :

Dans un superbe western, road-movie initiatique, deux frères, d'une affection et d'un dévouement total l'un pour l'autre, mais employés comme tueurs à gages, suivent ensemble un chemin initiatique pour découvrir le dépassement de soi.

 

Analyse :

Jacques Audiard signe son premier film américain dont il a écrit, avec Thomas Bidegain, le scénario adapté d'un roman du canadien Patrick DeWitt. Ce choix de western psychologique, bien que violent, met en évidence un des points forts du film : les héros, Eli et Charlie suivis pendant deux heures, sont deux frères profondément liés par une enfance difficile. Tueurs à gages, au service du Commodore qui ne supporte aucune contestation dans son organisation bien rodée, ils ont un contrat sur la tête d'Hermann, un chercheur d'or en route pour San Francisco, dépisté pour leur chef par le détective Morris qui ne se charge pas des basses besognes.

Pendant la première partie, les images du film se partagent alternativement entre le couple formé par Morris et Hermann qui ont fait connaissance et voyagent ensemble et leurs deux poursuivants à cheval. Les personnages sont approfondis, et se découvrent plus complexes. Au début de la seconde moitié, les frères rejoignent Morris et Hermann.

Cette construction du récit et sa mise en scène révèlent avec habileté les motivations de chacun et leur évolution au cours du périple. Elle suggère comment peut s'opérer une rédemption, non pas à l'aide de bonnes paroles moralisatrices, mais par un but enthousiasmant, une utopie. Il ne s'agissait pas de proposer à ces durs à cuire un futur confortable d'honnêtes bourgeois, ils ne l'auraient pas accepté, ils aimaient trop l'aventure. Hermann, ce jeune et frêle étranger au teint mat, qui se confie sans méfiance et ne sait pas tenir une arme, obtient, par ce qu'il décrit dans ses discours, le respect et la conviction des trois larrons, pour une autre sorte d'équipée exigeante. Il leur propose la fondation ensemble d'un phalanstère à Dallas (Patrick DeWitt s'est inspiré probablement de l'histoire de Victor Considérant, fouriériste, homme de lettres comme de sciences et politique français qui avait réussi à y créer le sien pendant son exil aux Etats-Unis en 1854).

Les dernières minutes du film illustrent son troisième thème, la réconciliation avec soi-même et sa propre histoire : Eli s'allonge sur le lit retrouvé de son enfance. C'est un retour au point de départ, le port d'attache, où il a beaucoup souffert mais où il se trouve enfin apaisé. Dans cette image, le cinéaste réussit à créer chez le spectateur le même sentiment de havre et de reconnaissance. Un nouveau départ est possible.

Nicole Vercueil

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