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Fiche technique :
 - Scénario : Daveed Diggs et Rafael Casal - Image : Robby Baumgartner - Montage : Gabriel Fleming - Musique : Michael Yezerski - Distribution France : Metropolitan Filmexport.

Avec :
Daveed Diggs (Collin), Rafael Casal (Miles), Janina Gavankar (Val), Jasmine Cephas Jones (Ashley), Ethan Embry (le policier Molina), Tisha Campbell-Martin (Mama Liz)

Blindspotting

Etats-Unis d'Amérique, 2018, 95min.
Prix de la Critique, Festival du cinéma américain de Deauville, 2018 (édition 44)

Réalisation : Carlos Lopez Estrada

Biographie :

Carlos Lopez Estrada, né en 1988 au Mexique, a suivi ses parents aux Etat-Unis et étudia le film et la vidéo à l'université Chapman en Californie. Avant ce premier long métrage, il a réalisé des vidéos musicales et commerciales, et présenta le court métrage Identity Theft (*Vol d'identité, 2015) au festival de Palm Springs. Ses débuts de carrière l'ont vu intervenir aussi en tant que scénariste, acteur, chef opérateur, monteur et décorateur.

Résumé :

Collin est à trois jours de la fin de son année de probation judiciaire : rentrer au centre à onze heures chaque soir, ne consommer aucune drogue, n'avoir aucune altercation avec l'autorité, etc. Il met tout son zèle à respecter scrupuleusement ces engagements, malgré le handicap de son partenariat avec son ami Miles, tête brûlée qui cherche à l'embarquer dans toutes ses bêtises.

Analyse :

Manifestement inspiré par les récents épisodes de bavures policières ou de manifestations klaniques aux USA, Blackspotting (*Angle mort) se situe dans une lignée de films afro-américains qui stigmatisent le racisme dans la société étatsunienne, par exemple Ryan Coogler (Fruitvale Station) ou Spike Lee (BlackKklansman).

Le film est construit sur un duo comique descendu tout droit des scènes de rap, et sur le contraste entre l'irresponsabilité de Miles et les angoisses de Collin. Ce dernier est obsédé par la crainte que son moindre faux pas le renvoie en prison ; outre l'absurdité d'une menace disproportionnée, il est traumatisé par l'assassinat policier auquel il vient d'assister de près. Gravement immature, son inséparable copain et collègue déménageur, Miles à l'éblouissant grill'z (ornement dentaire en vogue chez les rappeurs notamment) déborde de générosité et de mauvaises idées. La confrontation de ces personnalités antinomiques comporte un potentiel comique qui remonte à Laurel et Hardy. Soudés par leur tenace amitié, Mike le Blanc et Collin le Black partagent une égale ignorance des barrières raciales, tandis que la vulnérabilité de l'homme sage, mais Noir, et l'impunité du casse-cou provocateur, mais Blanc, soulignent l'injustice sociale que révèlerait l'échange de leurs rôles... Les deux protagonistes s'en indignent avec une égale sincérité, et le fulgurant monologue proféré par Collin en pré-conclusion met les points sur les i.

Le film respire une forte authenticité redevable au dispositif d'écriture du scénario, dont les auteurs sont les deux acteurs principaux d'après leur propre expérience de vie dans un Oakland s'embourgeoisant. Cela inscrit les personnages, leur comportement et leur langage dans une cohérence presque autobiographique, qui s'étend à la bande originale: elle fait une large place au style des artistes rappeurs dont abonde le casting, à commencer par Diggs et Casal.

Jacques Vercueil

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