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Fiche technique :
 - Scénario : Mikhaël Hers, Maud Ameline - Image : Sébastien Buchmann - Musique : Anton Sanko - Montage : Marion Monnier - Production : Pierre Guyard - Distribution : Pyramide

Avec :
Vincent Lacoste (David Sorel), Isaure Multrier (Amanda Sorel), Stacy Martin (Lena), Ophelia Kolb (Sandrine Sorel), Marianne Basler (Maud Sorel)

Amanda

France, 2018, 107min.

Réalisation : Mikhaël Hers

Biographie :

Mikhaël Hers est né à Paris le 6 février 1975. Après des études d’économie, il entre à la Femis en 2000 dans le département Production. A la suite de quoi il change de voie et réalise un premier moyen métrage Charell en 2006. Viendront ensuite Primrose Hill (2007), Memory Lane (2010), Ce sentiment de l’été (2015), puis, aujourd’hui, Amanda. Reconnu comme un des meilleurs auteurs français de sa génération, il est avant tout le cinéaste de « la vie d’après », celle qu’il faut continuer à affronter après un sale coup du destin.

Résumé :

David (24 ans), Sandrine, sa sœur et mère célibataire d’Amanda (7 ans), coulent une vie heureuse, marquée simplement par les aléas d’une existence quotidienne manquant de stabilité. Mais ce cours tranquille des choses est bouleversé quand Sandrine meurt brutalement, victime d’un attentat terroriste. David se retrouve alors face à Amanda, seule désormais. 

Analyse :

Dans ses films précédents, Memory Lane en 2010 ou Ce sentiment de l’été en 2015, Mikhaël Hers nous emmenait sur des sentiers aux couleurs de la perte et de la tristesse, à la suite de personnages ayant semé leur âme dans quelque adieu et en ayant gardé une inguérissable nostalgie. Amanda emprunte ce trajet mais n’y pénètre véritablement qu’en aval de son cours, se laissant, avant de plonger, le temps de la légèreté fragile. Tout débute en effet dans la bulle lumineuse d’un bel été et autour du trio constitué par David, Sandrine et Amanda. La mère de David et de Sandrine est partie quand ils étaient encore enfants, Amanda n’a jamais connu son père : déjà marqués par la perte, c’est cette perte qui les unit et tisse entre eux un indéfectible réseau d’amour et de complicité. En dehors des quelques accrocs inhérents à toute vie partagée, tout se passe d’autant mieux entre eux que David vient de rencontrer Lena, une toute récente voisine.C’est dire la brutalité du choc qui le saisit quand, débouchant sur la pelouse du bois de Vincennes où il devait pique-niquer avec Sandra, Lena et d’autres amis, il retrouve, au milieu des autres victimes d’un attentat, le cadavre ensanglanté de sa sœur, Lena, elle, n’étant que blessée. 

Vient alors le temps de la reconstruction. Avec, pour David, un enjeu supplémentaire, sujet principal du film : endosser la paternité d’Amanda, seule désormais. Cela se fait dans le cheminement complexe d’un double apprivoisement, chacun apprenant à connaître l’autre et à s’ouvrir à lui dans le trébuchement d’un chagrin qui, à la fois, les fait vaciller et les pousse en avant. Cheminement que MiKhaël Hers décrit admirablement à la façon qui lui est propre et qui consiste selon ses mots à « atteindre la vérité en passant par la périphérie ». C’est à dire en procédant par petites touches successives qui sollicitent l’émotion plus qu’elles ne l’imposent, en jouant comme d’une mélodie de la respiration du film et de sa lumière, en multipliant des déplacements à travers Paris, Périgueux ou Londres, dans un défilement d’images qui sont comme l’écho visible des paysages intérieurs de ses personnages. Avec, en point d’orgue, comme une sorte de climax feutré, un bouleversant final où, à travers l’alternance de larmes et de rires d’Amanda, se lit sur son visage l’aurore d’un retour à la vie. Un grand film.

Jean Lods

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  • Emission Champ Contrechamp du 27 novembre 2018 (J. Lods, F. Lods, J. Zucker et J. Champeaux)

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