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Fiche technique :
 - Image : Jean-Christophe Beauvallet - Montage : Catherine Catella, Martine Deyres - Distribution : Les Fims du Tambour de soie, Centre Edgard Morin - CNRS

Le sous-bois des insensés (Documentaire)

France, 2018, 89min.

Réalisation : Martine Deyres

Biographie :

Martine Deyres est née à Lyon en 1972. Elle a débuté sa carrière comme comédienne puis s'est intéressée à la réalisation de films documentaires. Elle a acquis son diplôme de Master2, documentaire de création. Sa filmographie : Lieu commun (2003), White Spirit (2006) et L'Homme sans chapiteau - Jacques Livchine (2010).

Résumé :

Jean Oury (1924-2014), un des plus influents moteurs de l'évolution de la psychiatrie du XXe siècle, fondateur de la clinique de La Borde, raconte sa vie et son expérience de l'hospitalité de la folie par la psychothérapie institutionnelle.

Analyse :

Le ‘bois des insensés’, Jean Oury en présente la photo à la réalisatrice : une allégorie présentant le chemin des psychotiques dans un sous-bois tellement touffu et épineux qu'ils ne peuvent plus avancer ; pour les schizophrènes, le bois a été balayé par une tempête. Ne restent au sol que des esquilles agressives.

Le psychiatre parle clairement, les mots employés ont une signification qu'il précise lorsque c'est nécessaire. Mais l'essentiel c'est sa démarche de dévouement à une cause, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et sans vacances, qui a permis à beaucoup de psychotiques de ne plus vivre en cellule.

L'historique de cette institution est révélateur de cette volonté : en 1953, l'administration de la clinique qu'il dirigeait ne réalisant pas les travaux d'hygiène nécessaires, Jean Oury part alors par les routes, avec ses malades, à la recherche d'un autre lieu. Au bout de deux semaines d'errance il découvre La Borde et son château en ruine et s'y installe. Sa conviction et son esprit d'initiative feront le reste.

Il détaille, dans son interview, ce qu'il entend par 'accueillir' : être là pour faire un signe. Même si ce signe est à peine perceptible, ‘ un petit sourire au coin de la bouche’. L'hôpital pour Jean Oury est en lien étroit avec l'hospitalité. Il faut soigner ce lien ‘sinon on a des effets, non pas secondaires mais directs’. C'est pourquoi les réunions du 'Club de 4 à 5' sont des moments d'échanges libres, les copains des malades le comprennent souvent mieux que les soignants. Ils peuvent expliquer ce qu'ils ressentent, et les activités collectives évitent le cloisonnement.

Cependant la longue expérience de Jean Oury lui permet de reconnaître rapidement ce qui se passe : des éclats de voix dans le couloir retiennent un instant l'attention du médecin, puis il continue, imperturbable et confiant, l'interview commencé.

Dans le bureau, la caméra reste figée comme pour ne rien perdre des paroles denses prononcées par le psychiatre. Mais, de temps à autre, elle s'interrompt pour prendre des vues de l'extérieur, du jardin et des promeneurs qui s'y trouvent, une récréation, pour le spectateur, dans le discours au ton modeste de ce précurseur éclairé.

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