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Fiche technique :
 - Scénario : Michel Leclerc, Baya Kasmi - Image, Alexis Kavyrchine - Montage, Christel Dewynter - Distribution France : UCC

Avec :
Leïla Bekhti (Sofia), Edouard Baer (Paul), Ramzy Bedia (Ben Salah le directeur), Laurent Capelluto (Toledano), Baya Kasmi (l'institutrice Delamarre)

La lutte des classes

France, 2019, 103min.

Réalisation : Michel Leclerc

Biographie :

Le scénariste et réalisateur Michel Leclerc, né en région parisienne en 1965, a commencé par la télévision (l'expérience Télé Bocal, évoquée dans Télé Gaucho (2012), et chroniques à Canal+ ou France3). Son premier long métrage (J'invente rien, 2006) a été suivi par quatre épisodes (2007) de la série Fais pas ci, fais pas ça. Il obtient le succès avec Le nom des gens (2010), co-écrit avec Baya Kasmi comme La vie très privée de Monsieur Sim (2015) et La lutte des classes.

Résumé :

Sofia, brillante avocate, et Paul, batteur punk-rock et anar, emménagent dans une petite maison à Bagnolet. Leur fils Corentin est à l’école primaire du quartier, mais ses copains se mettent à quitter celle-ci pour une institution catholique. Malheureux, Corentin ne veut plus aller à l'école, alors que ses parents sont à fond pour 'la publique'. Vont-ils sacrifier leur enfant ou leurs valeurs ?

Analyse :

Le sujet semble être l'opposition entre la garantie offerte par l'école privée, ordonnée et encadrée, face au laxisme inefficace de l'école communale surpeuplée. Certes, mais on voit vite que le déclencheur de la crise est la transformation de la population du quartier où Corentin se retrouve unique petit 'blanc' — terme à signification sociale bien plus qu'ethnique — et où son père qui l'attend à la sortie détonne, seul au milieu des mamans voilées. Certains se réjouiront d'un 'métissage' social prometteur de plus d'humain, d'autres s'angoisseront d'un 'remplacement' effaceur de racines, tandis que le directeur de l'école, monsieur Ben Salah, souhaite que Constantin y reste comme témoin de diversité... 

Ainsi le film s'attaque à des sujets 'lourds' qui sont ordinairement évoqués avec plus de prudence ; la terreur de Corentin devant l'enfer que ses condisciples musulmans lui promettent en tant qu'infidèle, ou l'exode matinal des parents bobos emmenant leurs rejetons vers l'école Saint-Benoît, ne font pas dans la dentelle ; pas plus que les obscénités anti-papales que, par clip interposé, Paul vocifère sous le nez offusqué du directeur catholique. Et en effet, c'est par l'outrance et la caricature que Michel Leclerc désamorce ses pétards et rend potable ce qui aurait pu devenir une indigestion de clichés. Citons, comme exemple plus léger que d'autres, cette gentille institutrice que la peur de traumatiser ses chers petits par un mot inapproprié conduit à jargonner un charabia incompréhensible ('outils scripturaires') dont l'Institution scolaire, reconnaissons-lui cette tare, a parfois officiellement abusé.

"Embrassons-nous, Folleville !" Comédie jusqu'au bout,La lutte des classes s'achève par un grand soir des plus invraisemblables où tous les différents sont aplanis, et où les questions souvent graves et réelles qui ont été soulevées s'évaporent : tout le monde il est bon, tout le monde il est gentil. C'est plus facile comme ça. 

 

Jacques Vercueil

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