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Fiche technique :
 - Image: Paul Thomas Anderson - Montage : Dylan Tichenor – Costumes : Mark Bridges- Son : Adrian Bell – Musique : Johny Greenwood -Distribution: Universal

Avec :
Daniel Day Lewis (Reynolds Woodcock), Vicky Krieps (Alma), Lesly Monville (Cyril Woodcock), Brian Greeson (Docteur Hardy), Gina McKee (Comtesse Henrietta Harding), Joan Brown (Nana) Harriet Leitch (Pippa)

Phantom Thread (*Le fil fantôme)

Etats-Unis d'Amérique, 2018, 130min.
Oscar des meilleurs costumes pour Marc Bridges, Academy Awards 2018, Los Angeles

Réalisation et scénario : Paul Thomas Anderson

Biographie :

Ce cinéaste américain, né en 1970, très à part pour son originalité stylistique et ses portraits de personnages masculins, névrotiques et seuls, a donné de grands films qui ne laissent pas indifférents : Magnolia (1999), Punch Drunk Love (2002), There will be blood (2007) The Master(2012), Inherent Vices (2014)Avec Phantom Thread, nous retrouvons l’immense acteur DD Lewis, personnage principal de There will be blood.

Résumé :

Reynolds Woodcock, grand couturier imbu de lui-même, exerce à Londres dans les années 50. Il habille les femmes de la haute société, jeunes ou vieilles, belles ou laides, qu’importe. Il crée chaque fois de petits chefs d’œuvre, futures pièces de collection. Il vit avec sa sœur, froide et calculatrice, qui règne jalousement sur le fonds de commerce et contrôle les relations féminines du Maître.

Analyse :

La toute première séquence nous montre une femme qui parle à un auditeur invisible, la tête penchée sur la droite, le visage traversé d’un sourire doux et mélancolique, nimbé d’une lumière dorée, aux contours tremblotants. Elle dit cette voix, faisant le résumé de toute une vie : « J’ai donné à Reynolds tout ce dont il a besoin. Chaque partie de moi-même. » Le ton est donné, l’histoire sera celle d’un amour singulier et total, dans le don de soi mais sur fond de lutte de pouvoir ! Car de la servante de restaurant timide à la femme officielle de l’ombrageux et paranoïaque Renyolds, Alma sera à la fois : mannequin (son corps s’y prête bien), couturière (avec le petit personnel), cuisinière (remarquable dans la préparation de champignons pas toujours comestibles). Alma au sourire si doux va œuvrer pour exister face au monstre égoïste, égocentrique. Elle mettra dans son camp la sœur, Cyril, au regard implacable, qui veut être le passage obligé vers son frère. Mais ce film au parfum hitchcockien (on pense à Rebecca), contient, par un lien invisible, le souvenir de la mère, ce fantôme qui hante l’esprit du couturier. Il y a ce fil –thread – qui le relie à Elle, la femme idéalisée, apparition troublante en robe de mariée (cette robe qui aura déterminé sa vocation et dont il semble se souvenir dans son travail de créateur).

Il faut souligner le soin apporté à la composition de l’image (Anderson est son propre directeur de la photo), à la captation de la lumière des paysages, des intérieurs, du milieu mondain et artificiel. La musique est omniprésente, peut-être un peu trop. Ce qui forme la seconde séquence du début est celle de l’exposition : le défilé des ouvrières qui se rendent à l’atelier par un long escalier, en haut duquel le Maître les attend ; l’arrivée de Rolls des clientes huppées. Le décor est dressé, c’est un monde oppressant mais Alma va, par touches successives, écarter les obstacles qui l’éloignent de son bien-aimé, et prouver son existence, quoiqu’il advienne.

Alain Le Goanvic

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