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Festival International du Film d’Aubagne 2011

Deux contributions pro-filiennes




affiche de Le roi danse

Film disponible en DVD, édité par FTD


La musique baroque, personnage de cinéma


Gérard Corbiau était invité d’honneur au Festival International du Film d’Aubagne, où fut projeté le Roi danse. Il explique ici sa mise en scène de la musique baroque.

La musique joue un rôle primordial dans beaucoup de vos films.
J’ai besoin de musique pour construire mes films, le récit avance en fonctionnant avec la musique. Je ne la considère pas comme un élément qui viendra en fin de montage. Dans chacun de mes films, Farinelli, Le Roi danse et Le Maître de musique j’ai enregistré la musique neuf mois avant le début du tournage ce qui permet à tout le monde d’être dans le coup. Acteurs, équipe technique, je fais entendre cette musique à tous pour qu’ils l’intègrent. Je crois que ça donne, de la part des comédiens, un rendu musical à leurs répliques.

Il s’agit de musique baroque : comment fait-on le travail de documentation, et où se situe la frontière entre fidélité à l’époque et ré-interprétation dans la modernité ?
On ne sait pas exactement comment ces musiques étaient jouées. Il y a des partitions, des écrits, mais nul ne peut dire comment c’était réellement joué. Heureusement, aujourd’hui, cette musique est réappropriée par d’immenses musiciens qui la font aimer par le public, il y a ré-interprétation des musiques et c’est tout à fait normal. Cela fait partie de l’Histoire.

Dans la chronologie du travail, à quel moment la musique est-elle envisagée ?
Je ne mets jamais la musique au début des scénarios. La musique n’intervient que dans un deuxième temps. J’ai certes une idée de la musique, mais je préfère attendre que le scénario soit bien en place, que les personnages soient bien dessinés, que l’action soit bien écrite.

Y a-t-il eu des moments où le montage s’est adapté à la musique ?
Tout le temps, c’est sûr. Le montage lui-même est musical et chorégraphique.

« Les mots et la musique ne se mélangent pas » (Réplique dans Le Roi danse) : est-ce un postulat pour le travail ?
Ce rapport très délicat entre la parole et la musique est une chose à laquelle je tiens. Je crois que cette opposition entre Molière et Lully par exemple [dans Le Roi danse] est importante. Molière c’est le domaine des mots, bien qu’on ait vu qu’il était aussi très bon musicien, très attentif à la musique, mais il est devenu le mythe par excellence de la culture de la langue. Je ne suis pas sûr que la sensibilité française soit aussi portée vers la musique qu’elle l’est vers la langue. Les comédiens de Molière qui voulaient continuer son œuvre, alors que les pièces faites en collaboration avec Lully appartenaient à Lully, ont joué les pièces sans musique. Il s’en est suivi, je pense, que le génie français s’est porté davantage sur la langue que sur la musique.

Comment se passe la gestion de toute la bande son : les bruits des pas, les cris etc. ?
Les bruits, c’est de la musique. Et les bruits sont toujours signifiants, ils ne sont pas simplement un accompagnement des actions. Si on fait attention à tout le langage qu’il y a autour de l’action, notamment le bruitage, on peut s’en rendre compte. Quand on travaille les bruits avec la musique, ça ajoute une puissance absolument formidable. Le cinéma américain a appris beaucoup dans ce domaine depuis les années 80. Quand j’ai travaillé sur Farinelli c’était tout nouveau. J’ai travaillé avec ce qu’on appelle un sound designer : comme le directeur photo met en valeur une image et la construit avec les lumières, le sound designer est celui qui truquera le son et lui donnera des effets pour le mettre en place.

Pensez-vous que, dans vos films, le travail sur la bande son correspond à la composition d’une nouvelle partition ?
C’est en quelque sorte le même travail.

Propos recueillis par Nicole Vercueil


Musique à l’image

Le Festival International du Film d’Aubagne a mis en place divers dispositifs qui favorisent rencontres et connexions professionnelles autour de la musique au cinéma. J’y ai rencontré Eric Demarsan, marieur de sons, mélangeur de timbres, homme d’image, auteur de plus d’une centaine de musiques de films. On lui doit les bandes originales de l’Armée des ombres et du Cercle rouge, plus récemment de la série Pigalle.

Il situe en1985/86 le grand changement du matériel sonore : auparavant, il composait avec un papier, une gomme, un crayon et un piano. Depuis, c’est avec des logiciels et son ordinateur; c’est beaucoup plus pratique et le rendu est plus net mais aussi plus froid.

Au festival, il dirige l’orchestre de la Légion étrangère d’Aubagne pour un concert unique de ses compositions les plus emblématiques : 146 nationalités, l’harmonie de la Légion met en évidence Aubagne, ville-monde.

Marie de La Rosa – Pro-Fil Marseille

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