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Née en 1969 à Nara, Naomi Kawase est élevée par sa grande tante et son mari après avoir été abandonnée par ses parents. Elle étudie d'abord à l’école de photographie d'Osaka dont elle sort diplômée en 1989. Elle réalise plusieurs courts et moyens métrages documentaires et autobiographiques, dont Dans ses bras (1992), sur la recherche de son père. Ce film lui vaut le Premier Prix d'encouragement du Festival Forum de l'image de Tokyo. Elle réalise en 1997 son premier long métrage, Suzaku, Caméra d’or au Festival de Cannes. En 2003 Shara est présenté à Cannes en compétition officielle. La forêt de Mogari reçoit le Grand Prix du Jury à Cannes en 2007. Après plusieurs documentaires et réalisations internationales, elle présente à Cannes Hanezu, l’esprit des montagnes en 2011, tourné à Nara. En 2013 elle est membre du jury à Cannes sous la présidence de Steven Spielberg. Son film Still the Water est présenté en compétition officielle en 2014. Les délices de Tokyo (An) est présenté à Cannes en 2015 dans la section Un certain regard. Elle préside le jury de la Cinéfondation et des courts métrages en 2016 puis présente en compétition officielle en 2017 Vers la lumière qui obtient à Cannes le Prix du jury œcuménique. 


Vers la lumière

Synopsis :
Misako, jeune et jolie jeune fille, est audio-descriptrice, c’est-à-dire qu’elle décrit les films pour les non-voyants. Au cours d’une projection elle rencontre Misaya un photographe célèbre qui perd irrémédiablement la vue. De cette rencontre, abrupte au départ, va naître un sentiment profond entre lui qui perd la lumière et elle qui la poursuit.

Comme à son habitude Naomi Kawase nous présente un film sensible, intelligent, plein de poésie et de délicatesse, nostalgique, d’une grande beauté quand elle filme la respiration de la nature, les arbres balayés par le vent, la lumière des couchers du soleil. Ici il est précisément question de lumière, mais pas nécessairement celle qui éclaire. Celle que l’on porte en soi et vers laquelle on va quand le monde extérieur se ferme à votre vue. Comme ses œuvres précédentes, ce poème filmique est un véritable enchantement. Elle reprend le thème de deux êtres marginalisés, comme dans les Délices de Tokyo, mais très différemment. Lui, qui a été un photographe talentueux, perd irrémédiablement la vue au fur et à mesure que le film avance, et s’enfonce dans les ténèbres. « Rien n’est plus beau que ce qu’on a sous les yeux et qui s’apprête à disparaître » nous dit-il. Elle, qui pratique l’audio description, qui sait s’attacher aux détails, vit seule, avec une mère très vieillissante qu’elle va voir à la campagne le weekend, dans le souvenir d’un père dont il lui reste une photo, tous deux dans la couleur chatoyante d’un soleil couchant ; c’est cette lumière de l’enfance qu’elle recherche. C’est la lumière qui va les rapprocher, celle de leurs souvenirs, celle intime, profonde vers laquelle il va aller à la faveur de cette rencontre traitée avec infiniment de pudeur, de délicatesse. On n’oubliera pas la scène où il lui demande de pouvoir toucher son visage qu’il parcourt doucement, tendrement, avec une infinie sensualité, le découvrant par le regard de ses mains.

Naomi Kawase, comme à son habitude, sait particulièrement capter la vérité des êtres à travers leurs silences, leurs regards, même celui de ceux qui ne voient plus. La lumière est le troisième personnage du film, celle magnifique de la nature, celle vers laquelle Misako et Masaya cheminent portés par l’amour sensible et délicat qui nait entre eux. Ce film est émouvant et la très belle musique d’Ibrahim Malouf accompagne magnifiquement cette émotion.

Comme toujours Kawase prend prétexte de ses films pour mener une réflexion sur le cinéma. Quel peut être le langage des images, en particulier, pour un public de non-voyant, comment les mots peuvent-ils restituer l’expérience des images ? Quelle part laisser à l’imagination ? C’est le reproche de certains non-voyants à l’égard de Misako, d’être trop intrusive, donc de ne pas laisser assez de place à l’imaginaire de ceux qui ne voient pas les images. Comment traduire des sentiments, des émotions, une intention artistique par des paroles ? Face aux images on touche aux limites du langage.

Voir un film c’est une immersion dans un monde plus grand nous dit la réalisatrice. C’est particulièrement vrai de son cinéma et de ce film en particulier qui nous dit toute la beauté du monde.

Marie-Jeanne Campana

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