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Luca Guadagnino, né en 1971 en Sicile, est un réalisateur italien. Il est diplômé en Lettres de l'université de La Sapienza de Rome. À partir de 1996, il réalise des documentaires et fait ses débuts dans la direction de long-métrage avec le film The Protagonists (1999) présenté au public lors de la Mostra de Venise. Il réalise plusieurs courts métrages puis en 2005 Melissa P qui le fait connaître. Il commence avec Amore en 2009 une trilogie sur le désir avec Tilda Swinton qu’il retrouve en 2015 avec A Bigger Splash, remake de La Piscine.


Au cours de l'été 2016, il tourne le film Call Me By Your Name, inspiré du roman d'André Aciman. En 2010 il est membre du jury de la Mostra de Venise, présidé par Quentin Tarantino.


Call me by your name

Été 1983. Elio Perlman, 17 ans, passe ses vacances dans la villa du XVIIe siècle que possède sa famille en Italie. Son père, éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine, reçoit un assistant, Oliver, séduisant Américain qui prépare son doctorat et vient faire des recherches. Elio et Oliver vont bientôt découvrir l’éveil du désir, et partager une intense et fiévreuse histoire d’amour qui se terminera par le départ d’Oliver.

Le scenario de ce film a été écrit par James Ivory à partir d’un roman d’André Aciman, proustien reconnu. Il aurait pu en signer la réalisation tant l’on retrouve ses décors flamboyants, raffinés, d’une époque révolue, avec des dialogues profonds et intellectuels entre des personnes élégantes et de milieu aisé. L’inspiration proustienne se retrouve dans l’analyse lente et minutieuse des relations humaines et l’étude quasi entomologiste d’une classe sociale entièrement consacrée aux choses de l’esprit. La première partie du film nous décrit cette société d’intellectuels italiens, le père est un éminent professeur d’archéologie, spécialiste de l’époque gréco-romaine, la mère est traductrice. Ils naviguent avec aisance entre trois cultures – ils parlent couramment l’italien, le français et l’anglais – et ne sont distraits par aucune difficultés matérielles, entourés par des domestiques à domicile attentionnés et disponibles. Tout est facile dans ce milieu idyllique : la villa qu’ils habitent est splendide et regorge de témoins de leur histoire et des arts, la nature environnante d’une grande beauté, comme peuvent l’être les paysages italiens, particulièrement en Toscane ou Lombardie, souvent emprunts d’une nostalgie qui ramène au passé, la lumière de l’été qui incite à la lecture, à la rêverie au farniente, mais non à la paresse. Tout est douceur et beauté, y compris chez Elio, jeune surdoué, d’une grande culture pour son âge, lecteur assidu, musicien habile au piano aussi bien qu’à la guitare, qui sait tout sur tout. Jusqu’à l’arrivée d’Oliver qui va semer le trouble dans cette vie surprotégée de l’adolescent. Le film aborde alors son sujet : l‘éducation sentimentale d’Elio et l’éveil troublant de la sexualité et d’un premier grand amour avec ses moments de trouble magnifiques, ses incertitudes, ses doutes, ses maladresses. Que cet amour soit homosexuel, donc interdit, porte en lui-même ses interrogations et ses tabous qui ne sont pas ceux des proches qui reconnaissent et encouragent la beauté magique de la relation d’Elio et Oliver. Le réalisateur aborde son sujet avec subtilité, sans lourdeur, sans interrogations inutiles mais, à l’égal de la nature italienne qu’il filme, avec simplicité, beauté pure et indolence. Il prend tout son temps pour nous montrer la naissance de cette attirance, parfois niée, mais à laquelle ils vont finir par céder, leurs loisirs partagés, leurs discussions autour d’une statue du village ou d’un verre, ou lors d’une baignade. Temps qui s’étire et qui aurait peut-être mérité plus de concision.

Si les gestes, les soupirs, les regards captent le spectateur, les mots, dans ce milieu intellectuel ont leur importance. C’est par les mots que vont se soigner les plaies, notamment par ce magnifique monologue paternel final, d’une grande intelligence et sensibilité, et que tout adolescent aimerait entendre de ses parents.

La scène finale, superbe gros plan sur Elio regardant les flammes d’une cheminée, dévasté par la douleur, clos un film magnifiquement interprété (Armie Armer et Timothée Chalamet), d’une grande beauté, mais qui aurait mérité plus de concision et un peu moins d’intellectualisme.

Marie-Jeanne Campana

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