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Edito : janvier 2017

L'humanisation du monde

Dans son Musée imaginaire, André Malraux faisait la distinction entre ce qu'il qualifiait « d' arts de la transcendance » et les « arts de la liberté ». Les premiers chercheraient à montrer le sublime, le divin, la beauté et l'harmonie du monde et des idées. Les seconds se confronteraient au mystère de l'être, à la réalité de l'humanité avec ses ombres et ses lumières. Les premiers montreraient ainsi le monde idéal, les seconds le monde réel. Mais les deux catégories sont pour Malraux deux aspects de l'art en tant qu'il est une « humanisation du monde » : l'homme qui crée, l'artiste, qu'il recherche la transcendance ou qu'il exprime la liberté de l'homme face à cette transcendance, est celui qui refuse.  L'artiste refuse d'accepter le monde tel qu'il est ou devrait être. Il cherche toujours à représenter autre chose en transformer sa réalité en art.

Où se situe alors le cinéma, objet de Pro-Fil ? Est-il un art de la transcendance ou de la liberté ? S’il est sans conteste un art, le 7e d’ailleurs, pouvons-nous lui appliquer les catégories de Malraux ? Il est intéressant de noter que Malraux commence sa grande réflexion sur l’art par réfléchir à La psychologie du cinéma. Le cinéma est ainsi à l’origine de sa pensée.

Sans doute parce que le cinéma ne peut se réduire à cette distinction, sans doute parce qu’il est la forme d’art qui unit le mieux la forme et le fond. Parce que le cinéma est capable dans un même film d’explorer plusieurs formes artistiques, qu’un même réalisateur peut un jour livrer une fresque contemplative et ensuite une œuvre à message. Parce que le cinéma est à la fois recherche de la transcendance et miroir des hommes et des femmes de notre temps, le cinéma est la concrétisation même du Musée imaginaire. Il est d'ailleurs ce Musée qui n’appartient qu’à celui qui regarde et qui place chaque film, chaque réalisateur à une place qui lui est personnelle. Un Musée que nous construisons au fil des séances, de notre histoire avec les films et de nos échanges lors des réunions Pro-Fil. Un Musée qui s’apparente ainsi à une quête spirituelle.

Roland Kauffmann

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