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Deathrow (Couloir de la mort) de Werner Herzog

*traduction provisoire

(USA/Royaume Uni/Autriche 2012, 188 min.)
Documentaire en 4 épisodes, section Berlinale spécial 2012

Chaque partie commence par un travelling à travers le couloir de la mort pendant que Werner Herzog déclare qu'avec tout le respect dû à un pays d'une culture différente de la sienne, il est opposé à la peine de mort.

Puis il accompagne chaque fois un des condamnés à mort. Leur cas est décrit, puis ils sont interviewés. Sans complaisance. Le réalisateur leur fait bien comprendre dès le début que le fait de s'intéresser à eux n'implique pas qu'ils ont sa sympathie. Et pourtant, au fil des entretiens, le malaise monte. Sans effet spéciaux, sans « trucs » pour attirer la larme à l'œil, sans coup de manche spectaculaire. Du sérial-killer , en passant par un évadé et repris et un homme accusé de meurtre de son amie alors qu'il a toujours clamé son innocence jusqu'à une femme pour laquelle tout porte à croire qu'elle pourrait vraiment être innocente, victime d'un complot, la perspective de cette mort programmée devient de plus en plus insupportable.

Le coup de grâce (si l'on peut dire...) est asséné à la dernière image. La procureur fait un vibrant réquisitoire contre la femme condamnée en insistant sur le caractère particulièrement horrible du crime qui lui est reproché – ce qui ne préjuge en rien de sa culpabilité. Puis elle reproche à Werner Herzog de confondre victime et bourreau et « d'humaniser » l'accusée. Le réalisateur, d'une voix calme, affirme qu'il n'a pas besoin d'humaniser une femme qui, innocente ou coupable, est toujours et d'abord un être humain.

Le découpage en quatre parties dessert peut-être le propos. Les voir les unes après les autres, comme c'était le cas lors du festival, rend fastidieuse la répétition du générique et de l'introduction, toujours la même. Dans l'hypothèse d'une émission fractionnée, par exemple un épisode par semaine à la télévision, je vois mal des spectateurs à part quelques inconditionnels, suivre fidèlement les quatre épisodes. Or, elles gagnent à être vues dans leur progression.

Waltraud Verlaguet

Linda Carty

Linda Carty © Werner Herzog Film GmbH - Berlinale 2012

James Barnes

James Barnes © Werner Herzog Film GmbH - Berlinale 2012