Pro-Fil : Berlinale 2013

Before Midnight de Richard Linklater

USA/Grèce 2013, Sélection officielle, hors compétition

Before Midnight

Julie Delpy et Ethan Hawke dans Before Midnight, @ Berlinale 2013


Paroles, paroles, paroles ...

C’est qu’ils parlent beaucoup ces deux là. Quelques séquences linéaires seulement structurent le film : le père avec son fils, le couple dans la voiture, avec leurs filles dormant à l’arrière, les femmes entre elles, les hommes entre eux, puis tous les adultes ensemble à table, et finalement le couple à nouveau, se promenant ensemble – sans les enfants ce qui ne leur arrive jamais – jusqu’à l’hôtel où ils doivent passer une nuit d’amour.
Du point de vue de l’action, rien de bien palpitant donc.
Sauf que leur amour justement est mis à rude épreuve. Ils s’aiment, c’est sûr. Ils vivent ensemble depuis une petite dizaine d’années. Mais elle envisage de changer de travail, tandis que lui se demande s’il ne devrait pas retourner aux USA pour être près de son fils qui vit avec son ex-femme. Les deux projets sont contradictoires et chacun attend – sans le demander explicitement – que l’autre épouse son projet en renonçant au sien, reprochant à l’autre d’être égoïste.
Ce n’est pas dit en si peu de mots, cela va sans dire. Ce sont des fleuves de paroles où ce qui est en jeu est sous-entendu comme anguille sous roche. Les dialogues ont de l’esprit, ils auscultent les méandres des sentiments, des hésitations et des questionnements de l’un et de l’autre – jusqu’à se déchirer. Puis, in fine, l’amour reprend le dessus, sauf qu’on ne sait toujours pas ce qu’ils décideront.

Leurs errements verbaux ont des allures de Woody Allen, on rit souvent. Mais un film devrait, à mon sens, vivre surtout par l’image, alors qu’ici, même si les personnages sont bien filmés et évoluent dans un paysage magnifique, tout repose sur le dialogue. - Mais ils sont très bons.

Waltraud Verlaguet