Pro-Fil : Berlinale 2013

Dark Blood de George Sluizer

Pays Bas, tourné en 1993, monté en 2012, Sélection officielle, Hors compétition

Dark Blood

Judy Davis dans Dark Blood, © Berlinale 2013

Dark Blood

Judy Davis, River Phoenix et Jonathan Pryce dans Dark Blood, © Berlinale 2013


La résurrection d'un film

Un couple d’acteurs hollywoodiens (Jonathan Pryce, Judy Davis) s’enfonce dans le désert en quête d’une nouvelle lune de miel. Mais ils tombent en panne dans leur Bentley de luxe.

George Sluizer

George Sluizer, © Mark Kohn, Berlinale 2013

Ils cherchent refuge auprès d’un jeune Indien énigmatique (River Phoenix) qui vit en reclus depuis qu’il a perdu sa femme, morte des suites des radiations dues aux essais nucléaires menés dans la région. Symbolisant le crime des Blancs contre les Indiens, ce désert devient la prison des deux stars qui n’arrivent pas à avoir une idée claire de la situation.

Le jeune Indien qui se prépare à la fin du monde désire l’actrice, il fait tout pour la garder sur place, cherchant même à perdre le mari dans le désert – mais sans le dire à ses hôtes il fait aussi réparer leur voiture. Celle-ci est ramenée, réparée, par des amis indiens, au moment même où l’acteur vient de tuer l’Indien… Les Indiens laissent partir les Blancs, secouant la tête sur tant de bêtise.

Une belle réflexion sur les rapports véritables entre les hommes, sur la folie des hommes surtout, quand leur vie est en jeu - ou qu’ils le pensent - tournée dans un paysage majestueux.

Réalisé en 1993, le film n’a pas pu être terminé à cause de la mort par overdose de River Phoenix. Les droits sont alors tombés aux mains de l’assurance, mais vingt ans plus tard le réalisateur a pu les racheter pour finir le montage à partir des rushs, remplaçant les passages manquant par des images fixes accompagnées d’une voix off qui lit le texte du script. Une solution élégante pour sauver ce conte sur le ridicule de tout sentiment de supériorité.

Waltraud Verlaguet