Pro-Fil : Berlinale 2013

Gloria de Sebastián Lelio

Chili/Espagne 2012, Sélection officielle

Prix du jury oecuménique - Ours d'argent de la meilleure actrice pour Paulina García

Gloria

Paulina García dans Gloria, @ Berlinale 2013


La joie envers et malgré tout

Gloria est une femme déjà mûre, grand-mère même, qui déborde d’énergie et de joie de vivre. Seule après un divorce, elle aime aller danser, s’amuser. Avec Rodolfo, plus âgé qu’elle et récemment divorcé, c’est le coup de foudre.
Ce n’est pas la première fois qu’on voit porté à l’écran des scènes de sexe entre personnes âgées, mais c’est souvent plutôt douloureux, alors qu’ici c’est la joie de vivre qui prime. Même si la relation finalement ne dure pas - car Rodolfo est trop prisonnier des relations familiales antérieures, avec son ex-femme et ses filles, trop lâche pour affronter vraiment les non-dits et les problèmes non-résolus - Gloria retombe sur ses pattes, heureuse de danser, de vivre, toujours ouverte à ce qui lui arrive. En quête d’amour certes, mais surtout d’abord remplie d’un amour débordant et généreux.
Dans la conférence de presse le réalisateur explique qu’elle incarne une situation fréquente dans nos sociétés modernes où le nombre de personnes âgées s’accroît, avec des revendications de bonheur qui ont dû exister auparavant, mais de façon moins visible ; mais qu’elle est en même temps une métaphore pour la société chilienne actuelle qui change très vite, qui réclame justice et bien-être comme on le voit ici et là affleurer au cours du film. Gloria fait partie de cette génération qui a pris tous les coups de l’histoire récente et qui s’ouvre maintenant à un nouveau destin.
Un film plein d’optimisme, porté par des pop-songs en espagnols qui entraînent le spectateur dans le même élan.

Waltraud Verlaguet