Pro-Fil : Berlinale 2013

Uroki Garmonii (Harmony Lessons) de Emir Baigazin

Kazakhstan/Allemagne/France 2012, Sélection officielle - Ours d'argent de la meilleure caméra pour Aziz Zhambakiyev

Uroki Garmonii (Harmony Lessons)

Timur Aidarbekov, Mukhtar Andassov et Abzal Ermagambetov dans Uroki Garmonii (Harmony Lessons) © Harmony Lessons Film Production, Berlinale 2013


Harmonia mafiosa

Ce premier film d’un jeune réalisateur kazakh retrace l’histoire d’un jeune garçon épris de pureté dans une école où règnent en maître des gangs de racket. Une caméra soignée et un montage efficace permettent au spectateur de deviner ce qui se trame, même, ou peut-être justement parce que les actions-clé ne sont pas montrées.

Emir Baigazin

Emir Baigazin
© Harmony Lessons Film Production, Berlinale 2013

« L’harmonie » dont il est question ici, est en fait un équilibre des forces à tous les échelons, de type mafieux, fait de violences des plus grands envers les plus petits, et doublé par un système tout aussi hiérarchisé et violent côté police.

Aslan est le souffre-douleur de la classe, humilié par le chef du gang. Il passe son temps à torturer des insectes avant de les donner en nourriture aux lézards capturés. Quand un nouvel élève est admis dans sa classe, l’équilibre des forces se fissure et Aslan planifie sa revanche avec la même précision que ses essais en sciences naturelles.

L’histoire pourrait sûrement se passer dans n’importe quelle région pauvre avec déficit de l’Etat de droit. D’ailleurs, les deux ne vont-ils pas souvent de pair ?

Le meurtre – qui n’est pas montré – est symbolisé par l’abattage d’un mouton au début du film – et le générique ne précise pas qu’aucun animal n’a été blessé. On abat des animaux pour vivre. Le jeune héros demande à sa grand-mère : « l’homme peut-il vivre sans viande ? » La grand-mère répond : « peut-être au ciel. »

Quel ciel faudrait-il inventer pour que les jeunes – tous les jeunes – puissent vivre sans avoir à recourir à la violence pour se défendre  et trouver leur place dans la société ?

Waltraud Verlaguet