Pro-Fil : Berlinale 2013

Prince Avalanche de David Gordon Green

USA 2013, Sélection officielle - Ours d'argent du meilleur réalisateur

Prince Avalanche

Emile Hirsch et Paul Rudd dans Prince Avalanche, © Scott Gardner, Berlinale 2013


La beauté de la simplicité

Une situation banale : deux hommes travaillent pour le service des routes dans une vaste région victime d’un immense feu de forêt quelques années plus tôt ayant détruit 1600 maisons, comme le précise le générique. Le plus jeune est le frère de la petite amie de l’autre. Le premier souffre de l’isolement, les filles et les bars lui manquent, tandis que le plus âgé, genre boy-scout adulte, lui fait la morale. Il est fidèle à son amie et passe son temps libre le week-end à s’enfoncer dans la forêt en quête des fantômes, ceux des maisons brûlées comme des siens.

David Gordon Green

David Gordon Green © Berlinale 2013

Rien de bien palpitant donc, et pourtant !

Avec ce remake de Either Way de Haffstein Gunnar Sigurosson, le réalisateur réussit un morceau de poésie visuelle.

Une caméra amoureuse de la nature, qu’elle grouille de vie ou qu’elle soit en deuil de sa beauté passée, ou encore en train de souffrir de l’impact irresponsable de l’homme (les deux hommes en train de verser de la peinture toxique dans un minuscule ruisseau…) ; les dialogues ciselés avec le même soin, simples en apparence et pourtant plein d’un humour très fin, jamais moqueur ; une suite de petites scénettes cocasses dans leur simplicité, auscultant les sentiments fondamentaux avec une légèreté feinte… Tout cela maintient le spectateur dans un état d’euphorie esthétique sur le fond duquel la catastrophe passée ne se détache que d’autant mieux.

 

Waltraud Verlaguet