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Berlinale 2014


Berlinale 2014

© Berlinale

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Jack de Edward Berger et Nele Mueller Stöfen

En quête d'un foyer

Ivo Pietzcker dans Jack © Jens Harant

Avec Ivo Pietzcker, Georg Arms, Luise Heyer, Nele Mueller Stöfen, Vincent Redetzki et Jacob Matschenz

Une mère, très jeune, trop jeune, vit seule avec ses deux fils. Mère aimante, mais vivant sa vie de jeune femme, ses enfants sont souvent laissés à eux-mêmes, et c'est le grand frère, Jack, qui prend soin du petit Manuel. Suite à un accident domestique qui fait apparaître cette situation aux services sociaux, Jack est placé dans un foyer et Manuel confié à une amie. Mais ça ne se passe pas bien, ni pour l'un ni pour l'autre, et Jack décide de fuir. Il va chercher son petit frère et ensemble ils partent à la recherche de leur mère, errant plusieurs jours et nuits à travers la ville. Les retrouvailles n'amène pourtant pas la solution qu'on espère.

« Tout le film se passe sur le visage de Jack » dit le réalisateur lors de la conférence de presse. Et cela exprime bien le sentiment qu'on a tout au long du film. Un récit linéaire, simple, des plan-séquences en temps réel, un cadrage au plus près de Jack, concentrent toute l'attention sur ce garçon trop mature - par nécessité - et on a presque l'impression de rentrer dans sa vie intérieure. Aucun des adultes rencontrés au cours de leurs pérégrinations n'éprouve véritablement de l'empathie pour ces petits à la dérive. Le seul responsable dans l'histoire, c'est lui, précisément : Jack. Du haut de ses 11 ans, il cherche à protéger son petit frère - et sa mère, qui n'est pas sans évoquer celle de L'enfant d'en haut, trop jeune, trop irresponsable, incapable de prendre en charge des enfants que, pourtant, elle aime.

Ivo Pietzcker et Luise Heyer dans Jack © Jens Harant

C'est le véritable drame dans cette histoire: une mère franchement méchante aideraient les enfants à se détacher d'elle. Si elle vivait dans des conditions misérables, en banlieue, ou dans des conditions sociales de grande précarité, la situation serait plus tranchée et une solution finalement peut-être plus facile à trouver. Mais cette mère qui joue admirablement avec ses enfants - quand elle est là - oublie sa progéniture aussitôt qu'elle flaire l'opportunité de s'approcher de son rêve : trouver un homme qui s'occupe d'elle. Son égoïsme est celui de toute notre société et la banalité du contexte - cela pourrait se passer à notre porte - fait éclater à la figure du spectateur l'absence de solidarité qui gangrène notre monde.

Edward Berger © Jens Harant

Autrefois, ou dans une société moins urbanisée, les adultes autour de la jeune femme se seraient inquiétés du sort des enfants. Et d'autres adultes, rencontrant des enfants, qui se baladent seuls, sales, en quête de nourriture et d'un lieu où dormir, se seraient posé des questions, se seraient enquis du sort de ceux que la société toute entière se doit de protéger.

Certes, les services sociaux pallient au pire - mais même l'assistante sociale, écoute-t-elle seulement Jack ? C'est chacun pour soi, dans l'indifférence générale. C'est ce qu'a compris Jacques à la fin, et il en tire les conséquences.

Waltraud Verlaguet

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