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Berlinale 2014


Berlinale 2014

© Berlinale

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Macondo de Sudabeh Mortezai

A travers les yeux d'un enfant

Kheda Gazieva, Ramasan Minkailov dans Macondo © Berlinale 2014

Avec Ramasan Minkailov, Aslan Elbiev, Kheda Gazieva, Rosa Minkailova, Iman Nasuhanowa, Askhab Umaev, Hamsat Nasuhanov, Champascha Sadulajev

Le petit Ramasan vit avec sa mère et ses deux soeurs dans une banlieue de Vienne destinée à accueillir les immigrés. Ils ont fait une demande d'asyle, le père est mort dans la guerre, mais ils ne peuvent pas le prouver. Ramasan est donc 'l'homme de la maison' et prend son rôle très au sérieux. Il ne se souvient guère de son père mais le vénère comme héros. Quand un autre homme s'approche de la famille, il hésite entre rejet et attraction.

Aslan Elbiev, Ramasan Minkailov dans Macondo © Berlinale 2014

La vie dans une banlieue de Vienne où cohabitent, dans des immeubles mises à leur disposition par des services sociaux, des migrants d'horizons divers. Actuellement ce sont 22 nationalités différentes qui s'y trouvent, dont beaucoup de Tchetchènes. Sudabeh Mortezai, jeune réalisatrice d'origine iranienne, est venue elle-même enfant avec ses parents de l'Iran et connaît bien la situation de ces refugiés. Son regard est presque documentaire. Les acteurs sont les gens de cette cité, d'ailleurs beaucoup de passages sont en tchetchène, la réalisatrice a dû faire appel à une interprète pour garantir la bonne compréhension. Cela donne une grande authenticité au film. Les acteurs racontent que Sudabeh Mortezai ne leur disait jamais ce qu'ils allaient tourner le lendemain. Il y avait bien un scénario, mais ils ne le découvraient qu'au fur et à mesure du tournage. Le récit est chronologique et il n'y a pas de musique autre que celle qui fait partie de l'histoire (la fête).

Sudabeh Mortezai © Berlinale 2014

Le trajet du petit garçon est raconté avec beaucoup d'empathie et de sensibilité. Il se sent déjà homme, il prend des responsabilités qui ne sont pas de son âge - mais il est encore un enfant. L'envie de jouer au 'grand', au 'dur', lui fait prendre quelques mauvaises initiatives. On le voit réfléchir, douter, chercher son chemin. En allant chercher sa mère, qui participe à un groupe de parole, il l'entend raconter qu'elle a été 'épousée' contre son gré par kidnapping - on apprend que c'était encore habituel jusqu'à il y a 10 ans en Tchétchénie. Il voit bien que l'homme qui se présente comme un ami de son père et lui apporte la montre de ce dernier est gentil - mais il le ressent en même temps comme une menace pour l'adoration qu'il voue à son père. Intéressant est aussi le rôle de l'imam : il prodigue des conseils, sert de médiateur lors de conflit, on se 'confesse' à lui quand on a un problème.

Le fait de ne pas avoir choisi une famille en situation plus précaire - dans un foyer par exemple, où les conditions de vie ne sont pas aussi bonnes, on connaît ça d'autres films - permet de focaliser l'attention vraiment sur ce qui se passe dans ce petit garçon. C'est à travers ses yeux, avec toute sa candeur intelligente, qu'on apprend à regarder la société. Une première fiction très prometteuse.

Waltraud Verlaguet

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