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Pro-Fil

"Protestant et Filmophile"



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Berlin 2015

Vergine giurata (*Vierge jurée)

(Sélection Officielle)



Alba Rohrwacher © Berlinale 2015

Un film très sensible sur un monde qui ne l’est pas.
Hana, orpheline recueillie par la famille de Lila, sa sœur de cœur, est un garçon manqué. Elle voudrait faire du cheval comme les garçons. Son père d’adoption lui apprend à utiliser un fusil, ce qui est strictement interdit à une fille. Sa mère d’adoption énumère les règles pour les filles : ne pas faire de travaux d’hommes, ne pas parler avant l’homme, ne pas choisir avant l’homme…

Hana, Lila et sa mère, croisent un convoi : une fiancée sous un voile blanc sur un âne (je crois que c’était un âne, je ne suis pas sûre), entourée d’hommes. Hana demande pourquoi la fiancée est cachée sous un voile et la mère répond : « pour qu’elle ne voit pas le chemin et ne puisse pas retourner chez elle. »

Lila est promise au mariage et son père lui montre une balle. « Tu sais ce que c’est ? – Oui, une balle. – Elle fait partie de ta dot. C’est d’elle que se servira ton mari s’il a à redire de toi »…

Effrayée par le sort qui l’attend, une fois adulte, Hana décide de jurer, devant douze hommes du village, de rester vierge pour être considérée comme homme. Cette pratique de la loi clanique ‘Kanun’ est restée en vigueur dans les pays de cette région jusqu’à un passé très récent : la réalisatrice raconte avoir rencontré une ‘vierge-jurée’ âgée de 35 ans.

Alba Rohrwacher, Flonja Kodheli © Berlinale 2015

Lila fuit avec l’homme qu’elle aime, et Hana, devenue Mark, reste seule dans les montagnes. Taciturne, repliée sur elle-même, elle aime la nature, les bêtes, mais est taraudée par une sexualité qu’elle a dû enfouir si profondément pour gagner sa liberté. Selon la tradition, les vierges qui rompent leur serment sont promises au bucher.
Mais Hana finit par s’enfouir à son tour, elle regagne l’Italie, un monde autre, et y retrouve Lila. Elle trouve un job – toujours en tant que Mark – mais petit à petit, s’ouvre à sa féminité.

On est plus libre qu’on ne le pense

La réalisatrice a le bon goût de ne pas la transformer pour autant en poupée sur talons hauts. Son personnage garde toute son ambivalence et c’est en acceptant celle-ci qu’elle gagne finalement sa liberté. Elle montre par ailleurs que la féminité affichée, par exemple celle de Jonida, la fille de Lila, n’est pas forcément un modèle de liberté. Elle doit se plier aux règles du canon de beauté pour atteindre son objectif. Vers la fin du film, Hana/Mark dit à l’adolescente : « On est plus libre qu’on ne le pense » - ce que Jonida ne comprend pas forcément. Le film tout entier est une réflexion sur la relation entre liberté et féminité, il entraîne le spectateur dans une découverte progressive de la complexité de cette relation qui s’épanouit à mesure que Hana se décrispe pour s’accepter telle qu’elle est.

Waltraud Verlaguet

De Laura Bispuri

Alba Rohrwacher, Flonja Kodheli © Berlinale 2015

Italie/Albanie/Suisse/Allemagne/Kosowo 90 minutes

Avec : Alba Rohrwacher, Flonja Kodheli, Lars Eidinger

Synopsis :

Hana Doda, encore jeune fille, fuit son destin de femme dans un village isolé d’Abalnie. Avec l’aide de son oncle, elle fait appel à l’ancienne tradition Kanun qui permet, en jurant éternelle virginité, d’intégrer le rôle d’un homme. Hana devient alors Mark.
Mais quelque chose la travaille sous ses vêtements d’homme. Beaucoup d’années plus tard, son destin lui semble une prison, tout comme les montagnes qui entourent son village. Elle voyage vers l’Italie et retrouve sa sœur d’adoption qui avait fui un mariage imposé pour suivre celui qu’elle aime. Dans ce pays, qui lui semble comme un autre monde, elle découvre son corps et la sensualité de la vie.

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