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Festival Berlin 2016

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Mort à Sarajevo (Smrt u Sarajevu)

Aleksandar Seksan et Izudin Bajrović dans Mort à Sarajevo © Margo Cinema & SCCA/pro.ba

Le film s'ouvre avec une équipe de télévision sur un toit-terrasse qui domine la ville de Sarajevo. Les invités de l'émission sont interrogés sur la commémoration du centième anniversaire de l'assassinat de l'archiduc Ferdinand qui se tiendra le lendemain. De nombreux représentants étrangers doivent participer à cet événement. La terrasse est celle d'un hôtel important qui se prépare à recevoir des hôtes de marque. La caméra parcours alors l'immeuble en scènes qui se déroulent en parallèle. Parmi les personnes interviewées par la journaliste se trouve un homonyme (peut-être descendant) du serbe assassin Gavrilo Princip. Omer, directeur de l'établissement et Lamija, la sémillante et efficace employée qui le seconde, s'affairent pour masquer toutes les imperfections et obtenir une sécurité maximale. Les experts en pose de caméras et micros dans les chambres sont recrutés chez les maffieux qui gèrent la boite de nuit du sous-sol. Dans les cuisines et à la lingerie tout est au point. Mais Omer n'a pas payé les employés depuis plusieurs mois et l'arrivée imminente de VIP est l'occasion de faire une épreuve de force conduite par Hatidza, mère de Lamija, pour obtenir le paiement des heures dues.

A l'arrivée du premier client Jacques (Jacques Weber), toutes les attentions d'Omer se concentrent sur lui. L'hôtelier s'indigne lorsqu'il découvre les micros placés dans sa chambre, mais, comme il est trop tard pour les faire enlever, il en profite pour épier ses faits et gestes. Jacques donne immédiatement à laver sa chemise blanche (première référence à Bernard Henri-Lévy), puis se met à répéter et reprendre son discours devant un miroir. Le texte est précisément celui de la pièce-monologue Hôtel Europe de BHL (un écrivain prépare un discours sur l'Europe), interprétée par Jacques Weber, qui a fait un flop récemment à Paris.

Cette mise en abyme illustre la déception du réalisateur devant la maison Europe où l'extrême droite avance à visage découvert (interview de Gravilo Princip), ou chacun essaie d'en tirer le meilleur profit (la grève au moment crucial), où la répression est contraire à la justice (Omer), et les intellectuels ne croient plus en rien (Jacques).

Nicole Vercueil

Danis Tanović © Almin Zrno

Prix spécial du Jury à la Berlinale 2016

France / Bosnie et Herzegovine 2016, 85'

de Danis Tanović

Avec : Jacques Weber, Snežana Vidović, Izudin Bajrović, Vedrana Seksan, Muhamed Hadžović

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