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Festival Berlin 2016

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Combat au bout de la nuit

de Sylvain L'Espérance

© Sylvain L'Espérance

Bon, mais trop long. Dommage. Je comprends qu’en tant que réalisateur, touché par la misère qu’on filme, on ait des scrupules à faire des coupes. Sauf qu’un documentaire de 4h45 minutes a peu de chance d’être vu par un grand nombre, alors que, réduit à un quart, il pourrait passer en prime time. Et franchement, a-t-on besoin de suivre en temps réel le parcours, à pied et en bus, d’un réfugié pour comprendre son problème ?
Autre reproche que je ferai à ce film : sa manière de filmer de près en de longues plans-séquences produit la compassion, certes. Mais pour agir il faut un minimum de recul pour pouvoir analyser et envisager des moyens de contrecarrer les évolutions néfastes. Sinon on reste sidéré par une situation dans laquelle on se sent impuissant – malgré la devise, plusieurs fois scandée : « L’Histoire se forge par la désobéissance ».
Soulignons le prologue, magnifique : une session du parlement, à la tribune le président de l’Assemblée ( ?? je n’ai pas eu le temps de noter) lit des propositions d’articles de loi ; en face, seulement trois parlementaires sont présents. L’une demande s’il est licite de passer une loi avec seulement trois présents. Le président continue la lecture des articles, un à un, et chaque fois demande si les présents votent pour, il ne lève pas les yeux, personne ne vote pour, mais il continue imperturbablement en proclamant « article n° … voté à la majorité » - et cela des dizaines de fois, tandis que la voix féminine continue aussi imperturbablement à dénoncer l’abus, sans succès, et qu’on entend en voix off des informations concernant la Grèce en différentes langues. Le tout est filmé en noir et blanc mais – en négatif. Quelle meilleure mise ne scène du déni de démocratie ?

Dommage que le film ne continue pas sur cette veine.

Waltraud Verlaguet

Synopsis : La Grèce – hier dans tous les journaux – est curieusement absente aujourd’hui des informations. Mais la situation des hommes y est toujours aussi réelle, le système de santé est prêt de l’effondrement et la politique de l’austérité gèle toute initiative. Sylvain L’Espérance présente ici une étude de long cours, à la fois poétique et militante, sur la rébellion de travailleurs impuissants, analysant la montée du nouveau fascisme, sur l’implication généreuse des médecins dans une clinique sociale financée par des dons, et finalement le désespoir des migrants qui se retrouvent bien souvent dans une précarité pire que celle qu’ils viennent de fuir. Les situations extrêmes éveillent la solidarité dans la classe moyenne malmenée par la crise et qui commence à résister à la déshumanisation et au manque de perspective.

Panorama
Canada 2017, 285 min.

© Sylvain L'Espérance; reproduction sur les réseaux sociaux interdite

Sylvain L'Espérance est né en 1961 à Montréal. Après des études de cinéma et communication il a fait des voyages au Mali et en Grèce. Dans ses films ils relie des formes du cinéma direct avec des arrangements expérimentaux pour chercher à capter la réalité à partir d’une perspective poétique. Ses films ont été montrés dans de nombreux festivals internationaux : 1988 Les écarts perdus, 1992 Les printemps incertains 1997 Le temps qu’il fait, 2002 La main invisible, 2006 Un fleuve humain,  2009 Intérieurs du delta, 2012 Sur le rivage du monde,  2014 Bamako temps suspendu.

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