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Festival de Berlin 2018




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A Berlin

Petit bilan

Sur les 34 films vus, 14 sont inspirés de faits réels, soit 41%, dont la moitié concerne des événements politiques et/ou historiques et 6 des personnages célèbres ; le dernier relate un casse célèbre. Si on ne compte que les films de la sélection officielle (26 vus, y compris les hors compétition), ce sont toujours 11, soit 39%.

Cela me semble particulièrement élevé comme pourcentage. Est-ce un signe des temps ? Est-ce que notre contexte socio-politique demande plus d’enquêtes que de fictions ? Avons-nous besoin de nouveaux modèles, les biopics jouant le rôle de l’ancienne hagiographie ?

Les faits réels : Otages à Entebbe de José Padilha, Utøya 22. juli d’Erik Poppe, Black ’47 de Lance Daly, La révolution silencieuse (Das schweigende Klassenzimmer de Lars Kraume), Eldorado de Markus Imhof, dans la sélection Panorama O processo de Maria Augusta Ramos, et dans la sélection Forum Aggregat de Marie Wilke.

Les personnages : Romy Schneider (3 jours à Quibéron d’Emily Atef), Dovlatov d'Alexey German Jr., John Callahan (Ne t’inquiète pas, il n’ira pas loin à pied de Gus Van Sant), Oscar Wilde (Happy Prince de Rupert Everett), Ed Sheeran  (Songwriter de Murray Cummings), John McEnroe (L’empire de la perfection de Julien Faraut).

Les Prix

La Berlinale a été traversée par des discussions sur la parité et sur le harcèlement sexuel, particulièrement dans le milieu cinématographique. Pourtant, relativement peu de films de réalisatrices étaient présents dans les sélections. Est-ce pour cette raison que le jury international a primé deux films de femmes ?

Pour le second, Twarz (tronche*) de Ma?gorzata Szumowska, on peut comprendre. (Je ne parle pas ici en détail des films, tous les billets d’humeur étant en ligne). Il a reçu l’Ours d’Argent du Grand prix du jury.

Mais l’Ours d’Or, franchement ? Le donner à Touch me not ne peut relever que d’une volonté politique, celle de favoriser les femmes d’une part et d’autre part de revendiquer une liberté de ton mise à mal dans de nombreux pays.

Quel bonheur par contre le film primé par le jury œcuménique, In den Gängen de Thomas Stuber ! De quoi rincer nos yeux de tant d’horreurs du monde et nous redonner de l’espoir en l’Humanité.

Les autres

Parmi les films traitant avec brio de ces horreurs justement : Eldorado de Markus Imhof qui fait le calcul combien coûte le fait de nous ‘protéger’ des immigrés ; O processo de Maria Augusta Ramos qui relate le procès en destitution contre Dilma Rousseff au Brésil en 2016 pour montrer que la corruption a gagné ; Utøya 22. juli d’Erik Poppe qui reconstitue l’attentat en Norvège. et pour des faits plus loin dans l’Histoire : Black ’47 de Lance Daly sur la misère en Irlande au milieu du XIXe siècle.

Parmi les films beaux et sensibles, citons, outre les biopics déjà nommés, Transit de Christian Petzold d’après le roman éponyme de Hannah Arendt, Las herederas de Marcelo Martinessi, The Bookshop d’Isabel Coixet,  et Aga de Milko Lazarov – liste non-exhaustive.

Ce qui est très agréable à la Berlinale, c’est qu’il n’y a aucun contrôle de sécurité selon une volonté affirmée de ne pas céder à la panique. Les gens sont aimables entre eux, même au moment des grands rushs – rappelons qu’il s’agit du plus grand festival au monde ouvert au public – les saucisses et la bière sont bonnes….

Waltraud Verlaguet