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Festival de Berlin 2018




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Marcelo Martinessi © Andrew John Lucas


Réalisation et scénario : Marcelo Martinessi
Caméra : Luis Armando Arteaga

AVEC : Ana Brun (Chela), Margarita Irún (Chiquita), Ana Ivanova (Angy), Nilda Gonzalez (Pati), María Martins (Pituca), Alicia Guerra (Carmela), Yverá Zayas (Singer)

Marcelo Martinessi

Né au Paraguay en 1973, il fait des études de communication à Asunción, puis étudie le cinéma à Londres. Son premer court sur le lien entre littérature et mémoire, a été montré dans différents festivals, y compris Berlin et Clermont-Ferrant. La Voz Perdida (La voix perdue*), son second court, traite du chaos politique au Paraguay et a gagné le premier prix à Venise en 2016. Las herederas est son premier long métrage.
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Las herederas (Les héritières*)

de Marcelo Martinessi, Sélection officielle

Ana Brun, Ana Ivanova  © lababosacine

Ce film explore avec une incroyable tendresse et pudeur la relation entre deux femmes lesbiennes déjà âgées, la domination que l’une exerce sur l’autre pour la protéger, et le chemin, lent et difficile, que cette dernière entreprend vers sa libération. Des gros plans, des couleurs chaudes, quoiqu’un peu sombres, des paroles mesurées, mais aussi des scènes truculentes quand Chela transporte les vieilles dames à leur bridge, tout est infiniment proche des personnages.

Trois scènes sont emblématiques de l’évolution de Chela. La première, au début du film, la montre au lit, entourée des soins affectueux de Chiquita qui veut l’entraîner à sortir alors qu’elle préférerait rester couchée. La deuxième la place assise entre deux bustes, lorsqu’elle attend que les vieilles dames finissent leur jeu. Elle est alors presque aussi immobile que le marbre qui l’entoure (elle « reste de marbre »). La troisième, la dernière image du film, montre le garage ouvert, la voiture est partie.

Entre la deuxième et la troisième scène, il y la tentation, la découverte d’une vie vivante, insoupçonnée, alors que sa relation avec Chiquita s’étiole. C’est là que tout se joue – alors que rien ne se passe. Mais la libération, n’est-ce pas toujours dans la tête que ça se passe ?

Synopsis : Chela et Chiquita vivent en couple depuis longtemps et leurs rôles semblent immuables. Chiquita, extrovertie, organise leur vie, tandis que Chela n’aime pas quitter la maison. Des difficultés financières les obligent à vendre des pièces de leur héritage, chaque fois pleines de souvenirs. Quand Chiquita est mise en prison pour dettes, Chela doit se débrouiller seule. Elle se sert de leur vieille Daimler pour offrir un service de taxi aux vieilles dames riches de son quartier. Elle rencontre la fille d’une de ces dames, la jeune et pétulante Angy. Celle-ci extirpe Chela de sa réserve et l’aide à découvrir ses propres désirs.

Waltraud Verlaguet