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Festival de Berlin 2018




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Malgorzata Szumowska © Berlinale 2018

Réalisation : Malgorzata Szumowska
Scénario : Malgorzata Szumowska, Michal Englert
Caméra : Michal Englert

Avec :
Mateusz Kosciukiewicz (Jacek), Agnieszka Podsiadlik (sœur), Malgorzata Gorol (Dagmara), Roman Gancarczyk (prêtre), Dariusz Chojnacki (frère), Robert Talarczyk (beau-frère), Anna Tomaszewska (mère), Martyna Krzysztofik (belle-sœur)

Malgorzata Szumowska
Née à Cracovie (Pologne) en 1973, elle a fait des études à l’Ecole de cinéma de Pologne à Lodz et a réalisé plusieurs courts métrages et documentaires avant de se lancer dans la réalisation de longs métrages.

Filmographie :
1998 Cisza 
1999 Siedem lekcji milosci 
2000 Szcz??liwy cz?owiek (Happy Man
2001 Dokument...? 
2004 Visions of Europe : Ono 
2005 Mój tata Maciek · Solidarnosc, Solidarnosc... 
2007 A czego tu si? ba?? (Pas de quoi avoir peur*) 
2008 33 scènes de la vie (33 sceny z ?ycia) 
2011 Elles
2012 AIME et fais ce que tu veux (W imi?...)
2015 Body 

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Twarz

De Malgorzata Szumowska, Pologne 2018, 91 min. Compétition officielle

© Bartosz Mronzowski

Le Christ détourne le regard. Parabole au vitriol d’une Pologne profondément ancrée dans un catholicisme identitaire sans pitié.

C'est la deuxième fois que la réalisatrice nous confronte avec un regard critique sur le catholicisme de son pays (voir AIME et fais ce que tu veux).

Un village dans le Sud du pays, entre des collines verdoyantes (un vert savamment rendu gris comme tout autour), des paysans très ‘bofs’ aiment des blagues salaces et racistes – mais gardent une place vide à leur table de Noël pour Jésus/le bon pauvre. Au milieu, deux jeunes pleins de vie. Jacek, le beau gosse charmeur, a des cheveux long et sa copine des cheveux courts – ils exècrent la conformité. Pourtant, il la demande en mariage. Jacek voudrait partir. Seule sa sœur le soutient, elle qui n’a pas eu ce courage.

Puis il y a l’accident. Plus rien n’est comme avant. Sa fiancée le quitte, même sa mère ne l’aime plus. Nous suivons Jacek vers la lente acceptation de son nouveau visage, avec l’aide de sa sœur, la seule qui le prend tel qu’il est au milieu d’un océan de rejet. Sa mère pense même qu’il est possédé.

Les scènes où le prêtre reçoit les confessions des uns et des autres, sont un morceau d’anthologie. Et puis la scène grandiose de l’exorcisme, où Jacek entre d’abord dans leur jeu pour leur demander à la fin s’ils ont perdu la raison – à condition qu’ils en aient eu une avant…

Le film repose sur deux faits réels, la construction du Christ monumental (hauteur totale 52,5m ; la foi chrétienne est supposée regner depuis la Pologne, mais quelle foi ?) à Swiebodzin en 2010, et la greffe d’un visage entier réalisée à Gliwice en 2013, la première réalisée en urgence dans le but de sauver la vie d’un patient, incapable de respirer et de manger.

Que signifient nos racines pour nous, notre famille, notre pays, nos traditions ? Jusqu’où déterminent-elles ce que nous sommes, ou pouvons devenir ? Quelle est notre identité et à quel point est-elle liée à notre apparence, notre visage ? Un humour noir, avec parfois des accents burlesques, traverse toutes ces contradictions et permet de rire tout en grinçant les dents.

La satire est sans appel. Il n’y a rien à faire. Même le Christ regarde dans la mauvaise direction – y aurait-il une bonne ?« Mais il est vrai qu’il est en béton, et ses dimensions grandioses ne sauraient pallier le manque d’un cœur de chair. Jacek s’en va, car l’homme n’a pas de racines mais des pieds – et les couleurs perdent un peu de leur gris.

Synopsis : Jacek aime heavy metal et son chien. Il aime conduire vite et Dagmara. Il a des cheveux longs, elle des cheveux courts, les deux sont les excentriques de service d’un village très, très provincial. Jacek demande Dagmara en mariage. Il travaille sur un chantier pour ériger la plus grande statue de Jésus du monde, sur le modèle de celle de Rio de Janeiro, en plus grand. Puis il tombe. Seule une transplantation du visage peut le sauver.

Waltraud Verlaguet