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Pro-Fil

"Protestant et Filmophile"



CINEMED 2014

Le dernier coup de marteau

d'Alix Delaporte (France 2014) - Avant-Première - Festival de Venise 2014. Prix Marcello Mastroianni

Victor, 14 ans, vit dans le sud de la France, dans une caravane avec sa mère (Clotilde Hesme) qui souffre d'un cancer. Elle semble le pousser vers son père qu'il ne connaît pas. Celui-ci, interprété par Grégory Gadebois est un Chef d'orchestre connu qui est de passage à Montpellier pour y diriger la Sixième symphonie de Malher.

Ce film est le deuxième long métrage d'Alix Delaporte après le très joli Angèle et Tony (avec les mêmes interprètes adultes principaux), histoire un peu secrète, un peu sauvage, d'un couple qui s'apprivoise, Le dernier coup de marteau s'en démarque, en mettant en scène un enfant qui vit dans l'angoisse de voir sa mère malade et qui découvre son père, en même temps que la musique à laquelle il ne connaît rien, plutôt attiré par le foot dans lequel il excelle. Pressentant la fin prochaine inéluctable de sa mère, et voulant prendre la relève dans ses difficultés financières, il n'hésite pas à pousser la porte de l'Opéra de Montpellier et celle de la loge de son père.

C'est un film d'apprentissage, de transmission, l'histoire d'une perte (celle de la mère et de l'enfance), d'une découverte (celle du père et de la musique), à travers lesquelles un enfant se construit.

Le jeune Romain Paul qui interprète un Victor buté, rebelle, querelleur, et qui fait penser à River Phoenix (ce dernier a d'ailleurs inspiré Alix Delaporte) est excellent et mérite pleinement le prix Marcello Matroianni du meilleur jeune acteur à la Mostra de Venise 2014. Quant au talent de Clotilde Hesme et de Grégory Gadebois, il n'est plus à démontrer…

La réalisatrice a choisi un style volontairement elliptique. Le spectateur peut adhérer à ce style épuré, à ce choix de la pudeur et de la retenue ou bien souhaiter plus d'éclaircissements et trouver que le film manque parfois de cohérence. Très joli film, donc, mais dont le scénario pourrait être plus réaliste.

Dominique Sarda