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CINEMED 2015

Dégradé

Film en compétition d'Arab et Tarzan Nasser, Palestine 2015, 1h25

Huis clos dans un salon de coiffure et d’esthétique à Gaza. On pense d’abord à Caramel, film libanais de Nadine Labaki mais cela devient vite beaucoup plus violent car ce salon est dans un quartier dominé par le Hamas et une maffia. Tout cet univers féminin s’exprime avec beaucoup de liberté. Chaque personnage a une histoire et une personnalité particulières qui se découvrent peu à peu à travers des dialogues pleins de saveur mais aussi de cruauté, révélant les contraintes de la condition féminine à Gaza : la jeune mariée qui se fait préparer pour la cérémonie, étroitement surveillée par sa mère et sa future belle-mère qui ne sont pas d’accord sur la coiffure à faire ; l’employée folle amoureuse d’un homme du Hamas (ou de la maffia) qui l’attend dans la rue ; la patronne du salon de coiffure, d’origine russe qui s’efforce de maîtriser l’agitation de toutes ces femmes ; la bourgeoise moderne, méprisante, qui manigance au téléphone au sujet de sa vie amoureuse, la femme enceinte qui vient se faire coiffer en prévision de l’accouchement, la musulmane pieuse qui reste voilée dans le salon où l’on est, pourtant, 'entre femmes'. L’enfermement dans ce lieu clos est de temps en temps tempéré par l’accès à la terrasse du bâtiment. Et le monde extérieur s’introduit à travers la bande son (cris, moteurs de voitures, coupe de feu) mais aussi par les coups de téléphone que ces femmes donnent ou reçoivent venant de leur famille, de leur mari, de leurs amants. Et enfin par l’accueil d’un homme, blessé, qui, au début du film tenait en laisse le lion du zoo de Gaza, qu’il avait volé et qui était recherché pour ce vol. Beaucoup de gros plans sur les visages et des mouvements de caméra de plus en plus vifs au fur et à mesure que la tension monte. Excellent film.

Maguy Chailley