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CINEMED 2015

Dolamna (Méandres)

Film de Tunç Davut, Turquie 2015, 1h32

Kemal et Cemal sont deux frères bûcherons. Kemal est l’aîné et se comporte comme un père vis-à-vis de son plus jeune frère. Ils vivent dans une maison isolée dans le bois, héritée de leur père, à proximité d’un village en compagnie du chien de leur mère qui vient de mourir.

Un jour, Kemal revient avec une femme, Nalân, dont nous ne savons rien, qui s’installe dans la maison comme s’il s’agissait de la sienne. Nous suivons tout au long du film la vie qu’ils mènent à trois. Nalân se prend d’affection pour le chien qui a été blessé, le soigne et passe du temps seule avec lui. Le seul évènement marquant est la relation qui se noue entre Cemal et Nalân alors que Kemal s’est éloigné une journée.

Au cours de la rencontre avec le réalisateur, on apprend qu’il s’est inspiré du mythe de Caïn et d’Abel et qu’il a voulu filmer le désespoir, au sens où l’entendait Kirkegaard. Il a voulu à travers les trois personnages représenter les trois phases du désespoir : Kemal n’est pas conscient de son état, Nalân ne s’accepte pas et Cemal cherche à être lui-même. Pour le réalisateur, le désespoir vient du fait que l’homme est dans l’incapacité de changer les choses.

Le titre Dolamna signifie méandres dans tous les sens du terme.

Il s’agit d’un grand film silencieux, où l’action est quasi nulle, avec de longs plans fixes. Il s’adresse au spectateur qui aime les films lents, avec de très belles images, qui induisent à la réflexion, voire à l’introspection. Sans doute renvoie-t-il à une certaine société turque qui vit dans un monde clos. Il est dédié à l'écrivain turc Bilge Karasu.

Dominique Sarda

Tunç DAVUT né en 1967 à Ankara

Dolamna, premier long métrage, sélection officielle

Interprétation : Muhammet Uzuner, Defne Halman, Baran Sükrü