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"Protestant et Filmophile"



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FID 2015

Pêché au hasard dans la programmation...



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Quatre films 'commerciaux' pour se reposer des 'premières'

Cette pénultième livraison de mes papiers FID 2015 est consacrée à quatre films 'périphériques', dont trois relevent du 'répertoire' (ils datent de 1956, 1990, 1999) et le quatrième (déjà projeté à Cannes et en quelques autres occasions) sortira sur nos écrans fin août.

Je commence par NON ou la vaine gloire de commander, impressionnant et original exercice de réflexion et pédagogie conduit en 1999 par Manuel de Oliveira sur la fin de l'aventure portuguaise en Afrique. Son récit est situé par lui au temps de la 'révolution des œillets' qui en 1974 mit fin à la dictature salazariste et ses guerres contre les mouvements de libération angolais et mozambicain. La discussion « Que faisons-nous là ?» entre des militaires trimbalés sur un camion qui circule longuement dans la forêt africaine évoque, par autant de parenthèses filmiques, des épisodes-clés de l'histoire lointaine du pays ; elle se termine par un violent accrochage avec la guérilla, dont plusieurs seront victimes... Beaux changements de rythme et de tonalité selon les moments de la narration, et Oliveira conclut « La vérité, secrète et inexplicable...»

Puis, dans la section parallèle Futurs, deux films de Science-Fiction aux styles très opposés. La planète interdite est un space opera bien antérieur au Dr Spock, ce qui peut émouvoir les nostalgiques de la naïveté pré-spoutnik (la narrateur affirme quand même crânement : « A la fin du XX° siècle, les hommes avaient débarqué sur la Lune... » Après une si brillante anticipation, écoutons la suite du propos : « lI fallut ensuite plusieurs siècles pour sortir de la galaxie. ») Le récit rappelle La Tempête de Shakespeare, où Prospero, perdu sur un île déserte avec sa fille et de bons livres, a trouvé dans ceux-ci le moyen de maîtriser les éléments et les esprits. Sur notre écran, il s'agit d'une planète déserte, où le Dr Morbius et sa fille Altaira voient débarquer, au lieu du roi de Naples, un équipage genre NASA qui veut à toute force les sauver. Ensuite : désir de savoir et pulsion de mort, dit pertinemment le pitch du FID.

L'attaque de la moussaka géante, histoire fidèle à son titre, est une grosse farce (ce qui sied à une moussaka géante...) dans la Grèce des années 1990. Une satire facile sur les relations hommes-femmes, riches-autres, parents-enfants, pour laquelle des dizaines de figurants ont été priés de courir terrorisés en hurlant de peur et en se retournant vers le monstre, ce qu'ils ont fait avec zèle et amusement : des hectomètres de pellicule en ont été montés dans la version finale du film, ainsi que de nombreuses images d'un morceau de moussaka rampant dans les rues d'Athènes entre des immeubles de moitié sa taille. Les implications philosophiques m'ont semblé moins riches que celles du film précédent.

Enfin, le dernier volume de la trilogie des 1001 nuits de Miguel Gomes (L'enchanté) était accompagné, au programme du FID, par le volume 2 que je n'ai pas vu, mais pas par le volume 1, qu'en revanche j'avais pu connaître antérieurement : cela m'a été bien utile pour savoir que ces films ont pour sujet les malheurs du peuple portugais dans la pénible conjoncture qu'il traverse, assez semblable à celle de la Grèce. L'enchanté doit son titre, ai-je pensé, aux pinsons qui en peuplent la seconde partie, et au concours de chant auquel leurs maîtres les soumettent en bordure du vacarme de l'aéroport de Lisbonne. Ou bien au chant de Shéhérazade dans la première partie, laquelle est une évocation costumée de personnages des 'vraies' Mille et une nuits filmés dans les calanques de Marseille, qui prend donc le nom de Bagdad. Un esprit des vents affrontant Shéhérazade (première partie), un autre pris dans un filet d'oiseleur (seconde partie) donnent continuité et cohérence, faut-il croire, à l'ensemble. J'avoue que je suis resté sceptique.

Jacques Vercueil

NON ou la vaine gloire de commander ('Non', ou A vã Glòria de Mandar) de Manoel de Oliveira (Portugal 1990, 1h50) avec Luis Miguel Cintra (Cabrita / Viriate / Don Juan de Portugal), Mateus Lorena (Don Sebastiao), Tereza Menezes (Venus) _ FID Marseille 2015, Ecran parallèle Frôler l'éternité.

La planète interdite (Forbidden Planet) de Fred M. Wilcox (Etats-Unis 1956, 1h38) avec Walter Pidgeon (Morbius), Anne Francis (Altaira), Leslie Nielsen (le commandant Adams), Jack Kelly (lson second, Farman), Warren Stevens (le docteur Ostrow) _ FID Marseille 2015, Ecran parallèle Futurs.

L'attaque de la moussaka géante (I epithesi tou gigantiaiou mousaka) de Panos Koutras (Grèce 1999, 1h39) avec Gregory Patrikareas (Antonis Boudalas), Myriam Vourou (Joy sa femme), Eugene Dimitriou (Aris leur fils), Christos Mantakas (Alexis Alexiou), Roubini Vasilakopoulou (Aleka Spai), Themis Bazaka (Evi Bei) _FID Marseille 2015, Ecran parallèle Futurs.

Les mille et une nuits Vol. 3: L'enchanté (As Mil e Uma Noites: Volume 3, O Encantado) de Miguel GOMEZ (Portugal, France, Allemagne, Suisse 2015, 2h05) avec Cristina Alfaiate (Xerazade), Bernardo Alves, Carloto Cotta, Jing Jing Guo, Quitério, Américo Silva. _FID Marseille 2015, Film de clôture.

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