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Festival de Locarno 2017



Good Luck

Compétition internationale

© Festival Locarno 2017

Un très beau documentaire en deux parties qui auraient mérité de former chacune un film en soi. Car l'ensemble est, je crains, un peu long pour une plus large diffusion (presque 2h1/2) - même si le fait de voir les deux ensemble permet de comparer les deux situations, celle d'une mine de cuivre en Serbie et celle d'une mine d'or illégale au Surinam.

La structure est toujours la même : de longs plans-séquences montrant les différentes phases du travail et les discussions lors des pauses, filmés en couleur, sont entrecoupés de gros plans fixes où chaque fois l'un des travailleurs regarde droit dans la caméra, presque immobile et silencieux, durant 30 à 60 secondes, filmés en noir et blanc.

Un séquence de musique en groupe ouvre la première partie et clôt la seconde.

La première partie est donc tournée en Serbie, se sont des ouvriers d'Etat. On descend avec eux sur terre et la descente, filmée sans coupure, permet de prendre conscience de la profondeur où ces hommes travaillent. La lumière est chiche, celle des torches, on ne voit la plupart du temps que de petits bouts d'images, ce qu'une torche permet d'éclairer. On entend le bruit des machines, on voit les muscles des hommes trembler en tenant les foreuses, faisant éclater la roche, on sent quasiment la poussière. Leurs rêves ? Ils disent ne pas en avoir. De ne plus en avoir. Ils travaillent là pour la plupart depuis 20 ans ou plus. Ils évitent de parler de politique. Ils travaillent pour que leurs enfants puissent faire des études et avoir une vie meilleure.

© Festival Locarno 2017

Au Surinam la lumière est généreuse, la nature luxuriante. La boue remplace la poussière. Les hommes sont plus jeunes, plus rieurs, mais les propos sont les mêmes, leurs enfants, quand ils en ont, sont encore petits, mais ils rêvent de les envoyer à l'école. Comme leurs aînés de Serbie ils disent n'avoir peur de rien. Mais chez les uns comme chez les autres on sent bien la peur sous leurs sourires, avouer la peur, ce serait s'avouer vaincu. Or, tous veulent croire que leur travail dur préparera un avenir meilleur.

Ils sont payé une misère. On aurait aimé voir, en clap de fin, les traders négociant le prix des métaux à la bourse...

Waltraud Verlaguet

Good Luck de Ben Russell, France, Allemagne 2017

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