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Festival de Locarno 2017



Unerhört jenisch

Panorama Suisse

© Festival Locarno 2017

Un voyage passionnant au pays de la musique.

Ils s'appellent Moser, Eicher ou Eichhorn, ou quelques autres encore, ils sont yéniches, similaires aux tsiganes, sauf que ceux-ci sont sédentaires depuis des générations.

Les deux réalisatrices suivent plusieurs familles, écoutent leurs histoires et leurs chansons, leur attachement à leur musique qui se transmet de génération en génération sans que jamais aucun d'eux n'ait reçu un formation pour savoir lire et écrire cette musique. Le film met à jour que beaucoup de chansons connues et publiées sous des noms d'auteurs suisses sont en fait les leurs, mais comme ils ne savent pas les mettre par écrit, quelqu'un d'autre l'a fait à leur place...

Petit à petit, les racines douloureuses viennent à jour. On suit l'un d'eux qui fait des recherches généalogiques sur sa famille. Immigrés à la fin du Moyen Age, habitants des maisons dans les vallées alpines, ils n'ont pourtant jamais été vraiment intégrés. Une vieille femme se souvient que le prêtre du village les mettait sévèrement à part.

Au début du XXe siècle un grand psychiatre faisait des études sur eux, « prouvant » qu'ils sont héréditèrement prédisposés à la criminalité, l'idiotie et la pauvreté, hérédité transmise par les femmes, précise-t-il. Dans les années 1930, un autre psychiatre s'est fondé sur ces travaux pour inciter les autorités à stériliser cette population de force et leur enlever leurs enfants pour les mettre dans des foyers. Un des musiciens interrogé raconte qu'il a été placé de force dans une famille à l'âge d'un an et demi, et que cette « famille d'accueil » l'a arrosé d'eau brûlante pour le mettre dans le droit chemin - il est vrai qu'à un an et demi il devait être drôlement dangereux. Il conserve les marques de brûlure sur 80% de la superficie de son corps. Une maison de rééducation pour enfants yéniches a existé jusqu'en 1973.

Remarquons qu'aujourd'hui l'un d'eux est devenu maire - la discrimination serait-elle définitivement vaincue ? En tout cas, depuis une loi d'automne 2016, les Yéniches sont reconnus comme minorité en Suisse.

Le titre du film est intéressant. La première traduction en serait « incroyablement yéniche », mais unerhört, qui peut se traduire aussi par « scandaleux » ou « inouï », signifie d'abord « non entendu », ou plutôt « non exaucé ». Il est à souhaiter que désormais on les entende, car ce qu'ils chantent est magnifique.

Waltraud Verlaguet

Unerhört jenisch de Karoline Arn, Martina Rieder, Suisse 2017

avec : Stephan Eicher, Erich Eicher, Goran Bregovic, Patrick Waser, Martin Waser, Ottilia Waser, Othmar Kümin, Luisa Moser, Christian Mehr, Jon Kollegger, Patrick Moser

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