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Festival du Film de Locarno 2012

Padroni di Casa (Les maîtres de la maison - trad. Pro-Fil)

de Edoardo Gabbriellini, Sélection officielle
Festival de Locarno 2012

www.pardo.ch
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Le ton est donné dès le départ avec la scène de chasse: le jeune tue un loup qui le menace, alors que les loups sont protégés, le père couvre le forfait.

Arrivent deux frères, travailleurs "étrangers" - mot qu'il faut mettre entre guillemets parce qu'ils sont bien italiens, mais pas du même coin. L'un d'eux, le plus jeune, est remarqué par la petite amie - l'est-elle vraiment ? - du jeune chasseur. Jalousie : le ton monte.

D'autant que les deux frères, sans faire exprès, dénoncent le forfait. Vengeance : le ton monte.

Le plus âgé des deux frères bat un jeune homme du village au ping-pong. Humiliation: le ton monte.

Les deux frères travaillent chez la vedette du coin, un chanteur connu qui y a installé une superbe propriété et qui soutient la réserve naturelle adjacente - protégeant les loups. Il se trouve que sa femme est hémiplégique et épileptique (Valeria Bruni Tedeschi, formidable). Depuis dix ans il vit reclus pour s'occuper de sa femme. Admirable - sauf qu'il en a marre.

Un concert de come-back est programmé, il voudrait que sa femme soit assise au premier rang, belle, et qu'il lui chante une chanson, spécialement pour elle - ça serait bien. Mais elle fait exprès de ne pas prendre son médicament, elle sait qu'elle aura une crise et que cela gâchera la soirée de son mari. Sauf que celui-ci, en cherchant ses boutons de manchettes, voit sa femme par terre et ne fait rien pour la secourir. Egoïsme refoulé : le ton monte.

Le plus jeune frère part faire l'amour avec la jeune fille. Le plus âgé se retrouve enfermé, cherche une sortie en passant par la "maison du maître", voit la femme par terre, morte, prend peur, s'enfuit. Le ton monte.

La femme de chambre le voit s'enfuir, le jeune coq du village voit que le jeune frère est chez celle qu'il courtise. Tous les ingrédients sont réunis pour le bouquet final, au propre comme au figuré.

Une très belle illustration de la xénophobie, d'autant plus forte qu'il s'agit d' "étranger de chez soi", ainsi que des mécanismes qui mènent aux cataclysmes de violence. Waltraud Verlaguet

Padroni di Casa

Gianni Morandi et Valeria Bruni Tedeschi dans Padroni di Casa
Festival del film Locarno © 2012

Synopsis :

De nos jours, en Italie. Les frères Cosimo et Elia, deux jeunes entrepreneurs en bâtiment velléitaires, arrivent de Rome dans un petit village reculé de l'Apennin toscano-émilien pour effectuer de gros travaux dans la villa du seul propriétaire local, le chanteur à succès Fausto Mieli. Mieli a quitté la scène et s'est retiré au village depuis plus de dix ans avec sa femme Moira, clouée sur un fauteuil roulant à la suite d'une maladie. Le chanteur suscite des sentiments contradictoires chez les habitants, certains l'appréciant, d'autres le détestant. Dans quelques jours, il doit faire son grand retour, lors d'un concert au village. Mais la présence de Cosimo et d'Elia, parfois arrogants et maladroits sans le vouloir, exaspère et suscite l'hostilité des hommes du village. La belle Adriana, très attirée par Elia, rêve, en secret, de s'enfuir avec lui. Les tensions qui se sont nouées avec l'arrivée des "étrangers" vont avoir des conséquences terribles et inattendues dans la vie des protagonistes et de toute la communauté.