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Festival de Sarrebruck 2018




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Allemagne, France, Pologne 2017, 119 min


Avec : Max Hubacher, Milan Peschel, Frederick Lau, Bernd Hölscher, Waldemar Kobus, Alexander Fehling, Samuel Finzi, Wolfram Koch, Britta Hammelstein, Sascha Alexander Geršak

© Jennifer Howard


Robert Schwentke est né en 1968 à Stuttgart. Après des études de littérature et philosophie, puis part à Hollywood pour étudier le cinéma. Après un court métrage et des scénarios pour des épisodes d’une série policière il tourne Tattoo en 2002 et Eierdiebe en 2003. Suivent Flight Plan en 2005, Hors du temps en 2009, Red en 2011, R.I.P.D. Brigade Fantôme en 2013 et deux épisodes de Divergente en 2015.

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Ce pouvoir qui grise

The captain - l'usurpateur, de Robert Schwentke

© Weltkino, Julia M Müller

Un film inspiré de faits réels qui ne laisse pas indifférent, d’autant qu’il raconte l’histoire depuis la perspective du « méchant », ce qui n’est pas fréquent. Mais un méchant qui, au début, est une victime. C’est pourquoi le spectateur arrive à entrer dans l’empathie – sauf qu’à un moment où un autre on décroche devant la brutalité qui se déploie. Pas toutes les victimes ne se transforment en bourreaux, pas tous les bourreaux n’ont été des victimes. Mais sait-on de quoi on serait capable pour survivre ?

Le réalisateur dit qu’il a voulu faire une farce, une grotesque, et on le sent dans le parallèle qu’il fait entre le pêle-mêle des orgies et celui des tueries, des corps emmêlés en boules de viande. Mais je ne suis pas sûre si cette notion suffit pour protéger le spectateur de la question comment il aurait réagit à sa place.

Le mécanisme, l’habit qui fait le moine, est le même que dans Der Hauptmann von Köpenik (film de Helmut Käutner de 1956, d’après la pièce éponyme de Carl Zuckmayer de 1931, elle-même inspirée d’un fait divers de 1906), mais loin de l’humour tragique -incorporé à l’époque par Hans Rühmann en plein dans le kitsch de l’après-guerre pour détourner l’attention des spectateurs de la réalité cruelle de l’époque qu’ils venaient de vivre - ici le Hauptmann ramène un public habitué à l’opulence et la paix, plus de 70 ans plus tard, vers la cruauté même de cette époque – et le réalisateur souligne qu’il reste bien en-deçà de la réalité. Ames sensibles d’abstenir.

Synopsis : Le soldat Willi Herold est en fuite durant les dernières semaines de la Seconde guerre mondiale. En route il trouve un uniforme de commandant et, sans réfléchir, l’enfile – et le rôle qui va avec. Rapidement, des soldats épars se joignent à lui, ravis de trouver un nouveau chef. De peur d’être démasqué, Herold se laisse griser par le pouvoir qu’on lui accorde.

Waltraud Verlaguet