CINEMED 2009


HARRAGAS (Les brûleurs)

de Merzak Allouach (France-Algérie)

Les statistiques sont accablantes comme l’indique le post-générique. Des milliers de morts, des milliers de disparus entre le Maghreb et l’Europe, entre l’Afrique noire et l’Espagne, entre les pays de l’ex-Yougoslavie et l’Italie.

Film épuré, sans recherche d’effets, sans pathos. La réalité montrée, non par un documentaire (impossible à faire, on imagine) mais avec une fiction qui donne, en une heure et demie, la description d’une trajectoire de passage de clandestins arabesde Mostaganem à l’Espagne. Pourquoi quitter son pays, son village, ses parents, pour aller vers ce inaccessible Eldorado ? La jeune fille (seule femme du groupe) le résume ainsi : « Je pars, parce que si je reste, je meurs. » Elle ajoute à sa mère accablée et impuissante : «  Si je pars, je meurs aussi ». Toute l’absurdité de la situation réside dans ces mots. Que faut-il pour émigrer : un passeur, une barque à moteur, un GPS (qui s’avèrera inopérant) , une boussole. Et l’envie confuse, informulée, de changer de vie !

La mer,célébrée par les poètes et aussi les cinéastes, n’est plus le symbole de liberté, mais celui d’un enfermement qui peut conduire à la prison certainement, le plus souvent à la mort . Proche de la côte (mais de quel pays ?), la barque tombe en panne. Certains (ils sont 3 de l’équipage 2 sont déjà morts noyés) se décident à se jeter à l’eau et de nager. Epuisés, ils échouent sur une plage. Pas de comité d’accueil si ce n’est deux garde-côtes.

Une voix off accompagne l’aventure, sobre, factuelle. Fin du film. Allons-nous enfin ouvrir les yeux sur ce scandale de notre monde.

Alain Le Goanvic


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