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CINEMED 2009


My only sunshine

de Reha ERDEM (Turquie)

Quel beau titre de film, destiné à la distribution internationale ! C’est le récit de la vie d’une jeune fille de 14 ans, Hayat, avec son père et son grand père, dans une petite maison sur les bords du Bosphore à Istamboul. Mais sa vie est difficile, à la limite du supportable. Son père, la plupart du temps absent ou alors mutique, est pêcheur, mais il se livre à des trafics illégaux : livraison d’alcool, de femmes et de drogue aux bateaux de passage.

Le grand père, grabataire, et asthmatique au dernier degré, exploite sa petite fille par son égoïsme et son irascibilité. La mère, qui vit dans une maison du même quartier avec un policier, n’exprime que colère et jalousie à l’égard d’Hayat. Quant à la voisine, elle est attentive à son égard mais plutôt envahissante. Jeune fille déjà exploitée, à peine sortie de l’enfance, et devenant femme, au physique qui trouble déjà les hommes, Hayat est victime de l’hostilité et du mépris de ses camarades de classe, ainsi que de la maîtresse.

L’air est irrespirable dans ce monde entouré d’eau. L’asthme, qui terrasse le grand père, atteint aussi Hayat, et même le père, les réunit dans le seul plan du film où on les voit ensemble. L’enfermement entre terre et ciel est constamment souligné, il accentue l’enfermement mental de la jeune fille. Et que dire des sons stridents ou sourds qui envahissent sans cesse l’image : voix sifflante et rauque du grand père, sirènes de bateau, cris de mouettes, passage d’avions de chasse à basse altitude, orages lointains, gloussements de la pintade, clapotis et bruissement de l’eau. La bande-son est extrêmement travaillée, les bruits du monde sont proches de la saturation. Les images sont souvent très belles, mais l’excès sonore nuit à l’effet esthétique d’ensemble.

Seul personnage positif pour Hayat notre « rayon de soleil », le jeune adolescent qui l’observe, la suit, la protège des agressions. Une libération momentanée, en canot à moteur slalomant autour des bateaux gigantesques, donne à Hayat, l’espace tant désiré. Sur les bords du Bosphore, un des détroits le plus fréquenté du monde, un beau et sensible récit d’apprentissage.

Alain Le Goanvic

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